Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 3.djvu/427

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Ce ne peut être un bien qu’elle daigne estimer,
Quand il vient d’une main lasse de l’opprimer :
Elle a le cœur trop bon pour se voir avec joie
Le rebut du tyran dont elle fut la proie
Et tout ce que la gloire a de vrais partisans
Le hait trop puissamment pour aimer ses présents.


Maxime

Donc pour vous Emilie est un objet de haine&#160 ; ?


Cinna

La recevoir de lui me serait une gêne
Mais quand j’aurai vengé Rome des maux soufferts,
Je saurai le braver jusque dans les enfers.
Oui, quand par son trépas je l’aurai méritée,
Je veux joindre à sa main ma main ensanglantée,
L’épouser sur sa cendre, et qu’après notre effort
Les présents du tyran soient le prix de sa mort.


Maxime

Mais l’apparence, ami, que vous puissiez lui plaire,
Teint du sang de celui qu’elle aime comme un père&#160 ; ?
Car vous n’êtes pas homme à la violenter.


Cinna

Ami, dans ce palais on peut nous écouter,
Et nous parlons peut-être avec trop d’imprudence
Dans un lieu si mal propre à notre confidence :
Sortons qu’en sûreté j’examine avec vous,
Pour en venir à bout, les moyens les plus doux.