Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 3.djvu/444

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ACTE IV


Scène 1

Auguste, Euphorbe, Polyclète, gardes



Auguste

Tout ce que tu me dis, Euphorbe, est incroyable.


Euphorbe

Seigneur, le récit même en paraît effroyable :
On ne conçoit qu’à peine une telle fureur,
Et la seule pensée en fait frémir d’horreur.


Auguste

Quoi&#160 ; ! mes plus chers amis&#160 ; ! quoi&#160 ; ! Cinna&#160 ; ! quoi&#160 ; ! Maxime&#160 ; !
Les deux que j’honorais d’une si haute estime,
A qui j’ouvrais mon cœur, et dont j’avais fait choix
Pour les plus importants et plus nobles emplois&#160 ; !
Après qu’entre leurs mains j’ai remis mon empire,
Pour m’arracher le jour l’un et l’autre conspire&#160 ; !
Maxime a vu sa faute, il m’en fait avertir,
Et montre un cœur touché d’un juste repentir
Mais Cinna&#160 ; !


Euphorbe

Cinna seul dans sa rage s’obstine,
Et contre vos bontés d’autant plus se mutine