Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 3.djvu/445

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Lui seul combat encor les vertueux efforts
Que sur les conjurés fait ce juste remords,
Et malgré les frayeurs à leurs regrets mêlées,
Il tâche à raffermir leurs âmes ébranlées.


Auguste

Lui seul les encourage, et lui seul les séduit&#160 ; !
O le plus déloyal que la terre ait produit&#160 ; !
O trahison conçue au sein d’une furie&#160 ; !
O trop sensible coup d’une main si chérie&#160 ; !
Cinna, tu me trahis&#160 ; ! Polyclète, écoutez.
[Il lui parle à l’oreille.]


Polyclète

Tous vos ordres, seigneur, seront exécutés.


Auguste

Qu’Eraste en même temps aille dire à Maxime
Qu’il vienne recevoir le pardon de son crime.
[Polyclète rentre.]


Euphorbe

Il l’a trop jugé grand pour ne pas s’en punir.
A peine du palais il a pu revenir,
Que, les yeux égarés, et le regard farouche,
Le cœur gros de soupirs, les sanglots à la bouche,
Il déteste sa vie et ce complot maudit,
M’en apprend l’ordre entier tel que je vous l’ai dit
Et m’ayant commandé que je vous avertisse,
Il ajoute : "Dis-lui que je me fais justice,
Que je n’ignore point ce que j’ai mérité."