Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 3.djvu/459

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Qu’un remords inutile allume en ton courage.
Euphorbe, c’est l’effet de tes lâches conseils
Mais que peut-on attendre enfin de tes pareils&#160 ; ?
Jamais un affranchi n’est qu’un esclave infâme
Bien qu’il change d’état, il ne change point d’âme
La tienne, encor servile, avec la liberté
N’a pu prendre un rayon de générosité :
Tu m’as fait relever une injuste puissance
Tu m’as fait démentir l’honneur de ma naissance
Mon cœur te résistait, et tu l’as combattu
Jusqu’à ce que ta fourbe ait souillé sa vertu.
Il m’en coûte la vie, il m’en coûte la gloire,
Et j’ai tout mérité pour t’avoir voulu croire
Mais les dieux permettront à mes ressentiments
De te sacrifier aux yeux des deux amants,
Et j’ose m’assurer qu’en dépit de mon crime
Mon sang leur servira d’assez pure victime,
Si dans le tien mon bras, justement irrité
Peut laver le forfait de t’avoir écouté.