Page:Corneille, Pierre - Œuvres, Marty-Laveaux, 1862, tome 3.djvu/471

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Elle a lu dans mon cœur vous savez le surplus,
Et je vous en ferais des récits superflus.
Vous voyez le succès de mon lâche artifice.
Si pourtant quelque grâce est due à mon indice,
Faites périr Euphorbe au milieu des tourments,
Et souffrez que je meure aux yeux de ces amants.
J’ai trahi mon ami, ma maîtresse, mon maître,
Ma gloire, mon pays, par l’avis de ce traître
Et croirai toutefois mon bonheur infini,
Si je puis m’en punir après l’avoir puni.


Auguste

En est-ce assez, ô ciel&#160 ; ! et le sort, pour me nuire,
A-t-il quelqu’un des miens qu’il veuille encor séduire&#160 ; ?
Qu’il joigne à ses efforts le secours des enfers
Je suis maître de moi comme de l’univers
Je le suis, je veux l’être. O siècles, ô mémoire&#160 ; !
Conservez à jamais ma dernière victoire&#160 ; !
Je triomphe aujourd’hui du plus juste courroux
De qui le souvenir puisse aller jusqu’à vous.
Soyons amis, Cinna, c’est moi qui t’en convie :
Comme à mon ennemi je t’ai donné la vie,
Et, malgré la fureur de ton lâche destin,
Je te la donne encor comme à mon assassin.
Commençons un combat qui montre par l’issue
Qui l’aura mieux de nous ou donnée ou reçue.
Tu trahis mes bienfaits, je les veux redoubler
Je t’en avais comblé, je t’en veux accabler :