Page:Corneille Théâtre Hémon tome1.djvu/119

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SUR LES COMÉDIES cv

Il est superflu d'ajouter que Cliûdor ne meurt pas : le goôlier a été gagué par Lyse, la suivante d'Isabelle, une soubrette alerte et fine, dont Clindor nous trace ce charoidut portrait :

��L'esprit beau, prompt, accort, Thumeur un peu raiUeai«,

L'embonpoint ravissant, la taille avantageuse, Les yeux doux, le teint vif et les traits délicats, Qui serait le brutal qui ne t'aimerait pas * ?

��Clindor a donc aimé Lyse comme Isabelle, la soubrette comme la maîtresse? Il en a fait semblant, du moins, et, pour expliquer son apparente infidélité, il lui a dit, dans un langage qui n'a plus rien de tragique:

��L'amour et l'hyménée ont diverse méthode :

L'un court au plus aimable, et l'autre au plus commode.

Je suis dans la misère, et tu n'as point de bien;

Un ridu s'ajuste mal avec un autre rien,

Et, malgré les douceurs que l'amour y déploie,

Deux malheureux ensemble ont toujours courte joie*.

��Elle méritait d'être aimée pour des motifs moins intéressés cette Isabelle à la fois tendre et résolue. Bien plus que sa sui- vante Lyse (trop passionnée, malgré son esprit et sa grâce, pour être tout à fait une soubrette de comédie), elle laisse deviner ce que seront les personnages féminins d^ns la comédie renouvelée par .Molière. N'est-ce pas l'ingénue et tendre Agnès qui parle par sa bouche, lorqu'elle dit à Clindor :

Un coup d'oeil vaut pour vous tous les discours' des autres^?

Mais n'est-ce pas une autre Henriette, sérieuse et franche, qui tient à déclarer nettement son aversion au glorieux Adraste, pré- teuiiant toujours éconduit, jamais découragé? N'est-ce pas elle qui, avec une douce fermeté, prie qu'on lui laisse le soiû de son propre bonheur?

1. L'IUusion comique, III, S.

2. Ibid., III, 5.

3. Ibid., i:, 6.

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