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22 LE CID

son cadarre, déposé à Saint-Pierre de Cardègne, fait des mi- •acles :

« Le corps était resté seul; personne ne le gardait. Pour io'iT le corps, un juif était entré dans l'église; arrivé en face de lui : « Voilà donc, pensa-l-il, le cadav^^e de ce Cid Hiiy Diaz, dont personne, tant qu'il vivait, n'a touché la barbe. Je veux, moi, la toucher et la prendre dans ma main. Voyons ce qui arrivera: voyons ce qu'il me fera... » Le juif étendit la main. Tout à coup Dieu envoya son esprit dans le Cid. La main droite du cadavre saisit la poignée de Tizona, et la tira long d'une palme hors du fourreau. Le juif, à cette vue, tomba à la renverse, poussant de grands cris et à moitié mort d'épouvante. Quelques gouttes d'eau le ramènent à la vie. 11 raconte le miracle, et l'abbé, jetant les yeux sur le cadavre, vit la main droite du Cid sur le pommeau de Tizona, et l'épée hors du fourreau. »

Qu'on s'étonne, après cela, que Philippe II eût songé à faire canoniser Rodrigue I

��GUILHEM DE CASTRO.

Corneille semble n'avoir puisé qu'à deux sources, au Ro- mancero et aux Mocedades del Cid ', pièce en trois journées et huit tableaux, composée vers 1618 par un poète de Valence, Guilhem de Castro y Bellvis (1567-1630;, et complétée quelques années plus tard par une suite, dont le caractère est plus his- torique que dramatique. La première partie de cette vaste composition se termine en effet au mariage de Rodrigue et de Chimène; la seconde comprend le règne de don Sancne, ce terrible élève de don Diègue, le siège de Zamora, où éclate la fière indépendance de Rodrigue, et où don Sanche trouve une mort tragique. Dans ce cadre immense l'auteur es- pagnol fait entrer, un peu de force, une fouie de souvenirs, de légendes, d'extraits textuels des antiques romances, amalgame

1. Los mocedades del Cid, l'enfance du Cid, ou plut6t, comme on l'a remar-

3ué, les prouesses du Cid, car la seconde partie va fort au delà de la jeunesse e Rodrigue. C'est à peu près ainsi que nos vieilles épopées s'intitulent : le» Enfances- Roland, les Enfinces-Ogier. Castro était fort estimé de Lope, et c'est à la fille de Lope, Marcelle, qu'il dédia l'un des volumes de son théâtre. Lord floUand a écrit ta vie, et La Beaumelle fils • traduit son chef-d'œuvre en 18i7,

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