Page:Corneille Théâtre Hémon tome1.djvu/21

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ÉTUDE D'ENSEMBLE vit

C'est don« par l'intermédiaire de ceux-ci, croyons-nous, qu'il a. dû pénétrer dans l'entourage du cardinal. Jusque-là, il ne s'élève pas fort au-dessus delà foule des auteurs qui vivent de leur talent, et le poète Gaillard peut dire de lui :

Corneille est excellent, mais il vend ses ouvrages '.

La Galerie du Palais (1633) marque un retour à la comédie vraie. « Des six comédies qui me sont échappées, dit modeste- ment Corneille, si celle-ci n'est la meilleure, c'est la plus heu- reuse. » C'est que, cette fois» il avait pris résolument son partis, c'est qu'il avait renoncé à ces intrigues vagues qui se nouent et se dénouent dans un lieu tout abstrait. Dans Clitandre, par exemple, la scène était partout et nulle part, et le poète disait, avec une ingénuité quelque peu malicieuse : « Où vous l'aurez une fois placée, elle s'y tiendra. >> Ici le lieu de la scène est connu de tous : c'est ce Palais de Justice, que fréquentait alors une clientèle plus mondaine, et les conversations de ce public élé- gant, avide des nouveautés de tout genre, a je ne sais quelle piquante saveur d'actualité. Par un contre-coup naturel, a. mesure que le langage se polit,, les mœurs s'épurent : c'est dans, la Galerie qu'apparaît pour la première fois le personnage de la- suivante, s,ub6litué à celui de la nourrice, dont un acteur, Alizon, avait gardé jusqu'alors la spécialité équivoque. Cette innovation est consacrée par le titre même de la pièce immé- diatement postérieure, la Suivante (1634).

La préface de la Suivante ^ est d'une fière allure, d'une grande fermeté de ton et de pensée; mais il ne faut pas oublier que Corneille l'a écrite en pleine querelle du Cid, au, moment où ses ennemis coalisés prétendaient le faire passer sous le joug des règles pédantesques. Alors même et jusqu'en ses révoltes, il ne dépouillait pas cette prudence normande dont s'enveloppa long- temps sa fierté. Elle est de 1637 aussi, cette Épitre de la Place Royale, représentée en 1633 : « Le héros de cette pièce ne traite pas bien les dames et tâche d'établir des maximes qui leur sont trop désavantageuses pour nommer son protecteur s. Si les

1. Œuvres, 16.^4, in-8°.

2. Voyez fielle préface dans l'étiide sur les comédies de Corneille.

3. Lëpîlre est adressée à un personnage anonyme.

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