Page:Corneille Théâtre Hémon tome1.djvu/220

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queur sur place et en vingt-quatre heures, que deriennent le»

unités?

Ces fameuses unités, d'où nous venaient-elles? De la Grèce ut d'Aristote? On a reconnu qu'Aristote n'en avait nulle part donné une formule nette et complète. Selon M. Breitinirer. professeur à l'Université de Zurich', ce sont les Italiens qui, les premiers, s'astreignirent a l'unité de temps, et les Anj^îais à l'unilé du lieu. La querelle des classiques et des roman- tiques, qui passionna l'Espagne entre tSSO et 1624, a conduit à dé/iair l'unité de lieu avec une précision plus dogmatique. Si vraiment ces règles, sous leur forme définitive, nous sont venues d'Espagne, d'Italie et d'Angleterre, il faut avouer que les Français du xvii" siècle s'en sont montrés plus reli- gieux observateurs que les Espagnols et les Anglais tout au moins, car les Italiens semblent avoir été plus fidèles aux préceptes d'Aristote et d'Horace. Voltaire affirme que la Sophonisbe de Mairet, jouée en 1629, « est la première que nous ayons dans laquelle les trois uni'és ne soient point violées^ ». Il est vrai i[ue Mairet mil en tête de sa Silvanire un discours sur la poésie, où, se souvenant du traité latin écrit sur la Constitution de la tragédie par Daniel Hein- sius (1611), il plaidait la cause des trois unités, mais avec mesure, ne prétendant pas les imposer de par Aristote, désirant plutôt les faire accepter au nom de la vraiseiifu blance, « en faveur de l'imagination de l'auditeur », qui est distraite et refroidie par la diversité des lieux et des tenips^. Il conviendrait donc de rectifier l'affirmation de Voltaire par celle de Sarrasin : « Nous avons cette obligation à M. Mairet, qu'il a été le premier qui a pris soin de disposer l'action, qui a ouvert le chemin aux ouvrages réguliers par la Silvanire (1625)*. » Encore ne faudrait-il pas croire i[ue Mairet en ceci ait été vraiment un initiateur. Dans la préfa(^o de sa Frav' : :de, Ronsard dit de la tragédie et de la comédif' qu'elles sunl limitées à l'espace d'une journée. Son discipb Jodelle s'astreint à l'unité du temps :

��Avant que ce soleil, qui vient ores de nattre, Ayant tracé son jour, chez sa tante se plonge, Cléopâtre mourra.

��1. Les Unités d'Aristote avant le Cid de Corneille. Genève, H. Georg, 188ft J. Mélanges littéraires, Chang. art trag.

3. Bi/.os, Etude sur la vie et les œuvre» de Jean de Mairet, p. 125.

4. Œuvres, t. 111. p. 77.

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