Page:Corneille Théâtre Hémon tome1.djvu/282

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N’est-ce pas la définition même de la critique littéraire, telle que nous la comprenons ?


IVe PERIODE. — FIN DE LA QUERELLE.
BALZAC ET BOISROBERT.


Pour plus de clarté, nous avons continué sans interruption l’histoire des Sentiments de l'Académie : mais il ne faudrait pas croire que tous les ennemis de Corneille se soient tus pendant que l’Académie se préparait à parler. Si Claveret était pulvérisé, si Scudéry croyait de bon goût d’attendre en silence — dans un silence encore bruyant — que fût prononcé enfin l’arrêt provoqué par lui, Mairet, le premier agresseur, rentrait dans a lice. La Lettre à*" sous le nom d’Ariste (1637) n’était pas de lui, et pourtant il se la vit attribuée dans la mordante Réponse de*" à*" sous le nom d’Ariste, vive satire de ses œuvres dramatiques les plus chères. On conçoit son irritation ; elle éclata sans réserve, mais non sans verve, dans VÉpitre familière du simr Mairet au sieur Corneille sur la tragi-comédie du Cid (1637).

A en croirp Mairet, tout le succès du Cid n’était dû qu’au talent, à la bonne mine, aux beaux babils des comédiens, particulièremeril du « Roscius auvergnat» (Mondory),dont le débil entraînant en cachait les défauts. Rncore si Rodrigue et Chimène se fussent contentés de paraître « entre les flambeaux du théâtre du Marais »! Mais ils avaient eu « l’effronterie de venir étaler leur blanc d’Espagne au grand Jour de la Galerie du Palais ». Us n’avaient pas redouté cet écueil des mauvais ouvrages, l’impression. Passe pour les pièces de Mairet, pour la Sylvie, par exemple, dont le charme « a dur? plus longtemps que celui du Cid^->\ Mais Corneille se faire imprimer ! Quelle imprudence !

A ce réquisitoire, qui est en même temps un plaidoyer personnel, Mairet (car c’était lui sans doute*) joignait une Réponse à l’ami du Cid sur les invectives contre le s enr Claveret. Il y poussait la générosité jusqu’à y prendre la défense

taires sur Corneille. » Est-cp plus vrai pour l’Académie que pour Voltaire ! Il nous parait que tous les débats sur la langue, même mal conduits, produisent le même et utile effet.

4. Voyez M. Bizos, Etude sur Jean de Mairet.