Page:Corneille Théâtre Hémon tome1.djvu/311

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INTRODUCTION 431

Viens donc, viens dans mes bras, fille digne de moi, Digne de tes aïeux, mais la plus pauvre fille Du plus pauvre hidalgo de toute la Castille.

Près d'Elvire grandit un jeune homme qui l'admire et l'aime en secret, qu'elle n'est pas loin d'aimer elle-même; mais Rodi'igue, filleul du Cid, n'est que le fils cadet de don Alvar Fanés de Minaya; il est voué au cloître; c'est à son frère aîné, Fernand, qu'EIvire est destinée. Tout à coup l'on apprend que Fernand a succombé en forçant avec son père les lignes de l'armée ennemie; Rodrigue alors se redresse, réclame son rang, et ranime l'orgueilleux espoir de son père don Alvar :

��C'est mon sang! Ah! son crf me suffit pour le croire : N'as-tu pas dit, enfant, que tu veux de la gloire? — Je l'ai dit. — Que tu veux soutenir et venger L'honneur de ma maison? — Quel qu'en soit le danger, Je le veux. — C'est mon fils, je le vois, je l'embrasse; Je sens sous mes baisers ressusciter ma race.

��Un moment faiblit cette ardeur généreuse : peu habitué à verser le sang, Rodrigue s'arrête au milieu du combat, et son père, comme le vieil Horace, s'indigne contre ce fils dégé- néré, qu'il veut frapper de sa main. La douleur d'Elvire, l'in- dulgente affection du Cid le relèvent de cette défaillance; il provoque le Maure Ren Saïd, qui refuse de rendre le cadavre de Fernand :

��Quel bras as-tu vaincu? — Je n'en redoute aucun.

— Ton nom? — Je n'en ai pas, mais tu vas m'en faire un.

Ben Saïd est vaincu, le corps de Fernand est remis aux mains des siens, Rodrigue est enfin digne de porter ce nom illustre, mais le Cid voit se réaliser les Iristes pressentiments qu'il exprimait en ces beaux vers, avant de courir aa combat :

��L'heureux Cid, qui jadis pour vaincre se parait, Depuis qu'en l'iittendaut sa Chimène sommeille. Ne porte plus l'a-'ir avec la croix vermeille; Il revêt des cou' )rs sombres comme la nuit. Et noir est le harnais du ccyraier qu'il conduit.

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