Page:Corneille Théâtre Hémon tome1.djvu/323

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AVERTISSEMENT !49

un malheur qu'il ne mérite pas : l'autre, que la persécution et le péril ne viennent point d'un ennemi, ni d'un indiflFérent, mais d'une personne qui doive aimer celui qui souffre, et en être aimée. Et voilà, pour en parler pleinement, la véritable et seule cause de tout le succès du Cid, en qui l'on ne peut méconnaître ces deux conditions, sans s'aveugler soi-même pour lui faire injustice. J'achève donc en m'acquittant de ma parole ; et, après vous avoir dit en passant ces deux mots pour le Cîd du théâtre, je vous donne, en faveur de la Chi- mène de l'histoire, les dieux romances que je vous ai promis.

��ROMANCE PRIMERO»

Delante el rey de Leoa Dona Ximena una tarde Se pone â pedir justicia Por la muerte de su padre.

Para contra el Cid la pide. Don Rodrigo de Rivare, Que huerfaria la dexô, Nina, y de muy poca edade.

Si tengo razon, 6 non, Bien, rey, lo alcanzas y sabe», Que los negocios de hoara No pueden disimularse.

Cada dia que amanece, Veo al lobo de mi sangre, Caballero eu un caballo, Por darme mayor pesare.

Mandate, bueu rey, pues puedet. Que no me ronde mi calle, Que uo se venga en mujeres El hombre que mucho vale.

1. Devant le roi de Léon dona Chimène vient un soir demander justice, (oa- ihant la mort de son père.

« Elle demande justire contre le Cid, don Rodrigue de Bivar, qui la rendit « orpheline lorsqu'elle était encore tout enfant.

« Si j'ai ou non raison, vous le savez de reste, ô roi Ferdinand ; car lîj *f- « faires d'honneur ne se peuvent cacher.

« Chaque jour qui luit je vois le cruel qui s'est repu de mon sang, comme un « loup, chevauchant à cheval sous mes yeui pour ajouter à mon chagrin.

« Ordonnez-lui, bon roi, car vous le pouvez, qu'il ne rôde pas sans cesse dans « m* rue; car uo homme de grande valeur n« doit pas se venger sur dee « feamee.

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