Page:Corneille Théâtre Hémon tome1.djvu/36

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le plagiat de Gilbert *. Eu tout cas, Rodogune est dédiée au prince qui venait de s’illustrer par d’éclatantes victoires, prélude de victoires plus décisives encore. Corneille avoue hautement sa préférence paternelle pour cette pièce, qui lui appartient tout entière, et qui aussi, on ne l’a pas assez remarqué, ferme l’ère des triomphes incontestés au théâtre. U est vrai que, de l’aveu même du poète, la Suite du Menteur réussit moins que le Menteur ; mais les critiques contemporains partagent l’avis de l’auteur, de Voltaire, d’autres juges excellents, et pensect, malgré le préjugé, que cette comédie u’est pas inférieure à la précédente. Ce u’est donc pas d’un véritable échec qu’il s’agit, mais d’un succès amoindri, d’une erreur de goût peut-être, certainement d’un accident passager qui ne saurait interrompre une suite de cbefs-d œuvre. Pour rencontrer un réel insuccès, il faut aller jusqu’à Théodore (1645).

III

LES SUCCÈS CONTESTÉS ET LES ÉCHECS.

(1645-1632.)

L’Épitre de la Suite du Menteur, qui rappelle celle de la Sui- vante, établit avec beaucoup de netteté ce principe dont ilolière devait donner la formule définitive : l’art dramatique « n’a pour but que le divertissemeut », se réduit « à plaire au peuple », et ceux qui le pratiquent n’ont pas à se préoccuper d’autre chose: tt Pourvu qu ils ayent trouvé le moyen de plaire, ils sont quittes envers leur art, » Cela est fort bieu dit, mais, s’ils ne trouvent pas le moyen de plaire, ou s’ils l’oublient, ils n’ont plus le droit de se plaindre, le public étant le juge souverain. En proclamant bien haut cette souveraineté. Corneille se condamnait à ne point protester contre un verdict sans appel. Mais les princi[ies perdent singulièrement de leur autorité, quand l’amour-pro.pre est atteint. 11 y a quelque aigreurdans cette Épître de Théidare : « Sa représentation n’A pas eu grand éclat, et quoique heaucoup en attribuent la cause à diverses conjonctures qui pourraient me justifier aucunement, pour moi, je ne m’en veux prendre qu’à ses

i. Voyez l’introduction de Rodogune.