Page:Corneille Théâtre Hémon tome1.djvu/37

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ÉTUDE D'ENSEMBLE xxirL

défauts, et la tiens mal laite, puisqu'elle a été mal suivie. J'aurais tort de m'opposer au jugement du public : il m'a été trop avan- tageux eu mes autres ouvrages pour le désavouer en celui-ci; et sijje raccusais d'erreur ou d'injustice pour Thnodoi-e, mon exeai\)le donnerait lieu à tout le monde de soupçonner des mêmes choses tous les arrêts qu'il a prononcés «n ma faveur. Ce n'est pas toutefois sans queJque sorte de satisfaction que je vois que la meilleure partie de mes juges impute ce mauvais succès à l'idée de la prostitution que l'on n'a pu souffrir, quoiqu'on sût bien qu'elle n'aurait pas d'effet; et certes, il y a de quoi congratuler à la pureté de notre théâtre, de voir qu'uae histoire qui fait le plus bel ornement des Vierges de saint Anibroise, se trouve trop licencieuse pour y être supportée. « Un peu soulagé pai" ces ironies, il se donne, dans ['Examen, la satisfaction d'exagérer encore la critique, et de découvrir de nouvelles raisons à sa mésaventure : « Une vierge et martyre sur un théâtre n'est autre chose qu'un terme qui n'a ui jambes, ni bras, et par conséquent point d'action. Le caractère de "Valens ressemble trop à celui de Félix dans Potyeucte, et a même quelque chose de plus bas, en ce qu'il se ravale à craindre sa femme... Le reste est assez ingénieu- sement conduit. » Là même, ne sent-on pas quelque coquetterie?

Le succès d'Héraclius (1647) consola Corneille de rinsuccè& de Théodore. Aussi Héraclius est-il dédié au chancelier Séguier, tandis que l'Épître de Théodore s'adressait à un anonyme, .\ussi, dans son Avis au lecteur et son Examen, Corneille justifie-t-il avec une entière liberté d'esprit cette « étrange entreprise sur l'histoire », hardiment « falsifiée », et l'obscurité de l'intrigue, qui impose un effort extraordinaire à l'attention du spectateur ; « J'ai vu de fort bons esprits, et des personnes des plus quali- fiées de la cour se plaindre de ce que sa représentation fatiguait autant l'esprit qu'une étude sérieuse. Elle n'a pas laissé de plaire mais je crois qu'il l'a fallu voir plus d'une fois pour eu rempor- ter une entière intelligence. » Boileau n'avait pas tort d'appeler Héradius un logogriphe, mais ces logogriphes ne déplaisaient pas au public, et de belles situations rendaient celte tragédie nouvelle plus digue qae Théodore de ses ainées.

Cette même année, une consolation plus sensible encore au cœur du poète lui était réservée : il fut reçu à l'Académie, eu remplacement du président Mayuard, ce disciple de .Malherbe, dont il nous reste quelgues beaux vers. Dès 1644, selon Pellisson,

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