Page:Corneille Théâtre Hémon tome1.djvu/39

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ÉTUDE DENSE.MBLE \xy

grand Corneille se rabaisser ainsi, et surtout parler cette lant.ne vulgaire.

Il venait de créer un lien de plus entre lui et Paris : de plus en plus, d'ailleurs, il se détachait de la province; soq frère Thomas,

il jrs âgé de vingt-deux ans, venait de débuter au théâtre par

les Engagements du hasard (1647) ; lui-même, il était bien vu à la

îour, et c'est à lui qu'on s'adressa pour écrire les vers d'un grand

ouvrage, les Triomphes de Louis le Juste (1649), dont le peinti-e Valdor composait les gravures. Qui connaît le sonnet, si cruel, îur la mort de Louis XIII, ne lit qu'avec un sourire ce panégy- rique officiel, où la conviction chaleureuse fait défaut. Çâ et là, le ton s'élève, par exemple lorsque le poète approuve la punition iulligée aux villes rebelles :

Enfin aux châtiments il se laisse forcer :

Qui pardonne aisément invite à l'offenser,

Et le trop de bonté jette une amorce au crime.

Une juste rigueur doit régner à son four;

Et qui veut alTermir un trône légitime

Doit semer la terreur aussi bien que l'amour.

Il était malaisé assurément de louer le roi en le séparant de son ministre, que Corneille ne pouvait pas vanter. Et puis, ce roi si froid, si peu généreux, Corneille ne l'avait guère aimé. Plusieurs années après, en 1657, dans un sonnet où il demande au jeune Louis XIV la confirmation des lettres de noblesse accor- dées à son père, il le supplie, de ne pas lui ôter « le seul don » que Louis XIII lui ait fait '. Toujours la même préoccupation, quelque peu intéressée ! On la vit surtout à découvert dans un poème intitulé : la Poésie à la Peinture, et qui est de la même année que les Triomphes. Lebrun, qui avait fait le portrait de Corneille, venait de fonder l'Académie de peinture, et c'est sans doute en l'honneur de Lebrun que le poète écrivit ces vers. Mais la peinture y est moins glorifiée qu'une vertu dont Corneille prétend avoir oublié jusqu'au nom, qui, depuis longtemps, est exilée de la cour, et qu'il y voudrait rappeler :

J'en fais sonrent reproche à ce climat heureux ;

Je m'en plains aux plus grands comme aux plus généreux,

1. Plusieurs ordonnances royales ont révoqué, sous Louis XIV, les litres de noblesse accordés sous Louis XIU, depuis 1634.

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