Page:Corneille Théâtre Hémon tome1.djvu/391

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ACTE II, SCENE VIII 217

D. FERNAND.

��Don Diègue, répondez.

��D. DIÈGUE.

��Qu'on est digne d'envie Lorsqu'en perdant la force on perd aussi la vie, Et qu'un long âge apprête aux hommes généreux, Au bout de leur carrière, un destin malheureux! 700

Moi, dont les longs travaux ont acquis tant de gloire. Moi, que jadis partout a suivi la victoire, Je me vois aujourd'hui, pour avoir trop vécu, Recevoir un atïront et demeurer vaincu.

Ce que n'a pu jamais combat, siège, embuscade, 705

Ce que n'a pu jamais Aragon, ni Grenade, Ni tous vos ennemis, ni tous mes envieux, Le comte en votre cour l'a fait presqu'à vos yeux, Jaloux de votre choix, et fier de l'avantage Que lui donnait sur moi l'impuissance de l'âge. 710

Sire, ainsi ces cheveux blanchis sous le harnois,

698. Var. Qnand avecque la force on perd ■■■(! la vie,

Sire, et que l'âge apporte au boainei gënérenx Avecque sa faiblesse na desUa malbeareax. (1637-66.)

Avecque, pour auec, comme au vers 857. D'après Vaugelas et Ménage, la forme avecque devait être employée seulement devant les consonnes. Corneille aban- donna de bonne heure cette forme surannée.

70^. L'Académie juge qu'ici don Diègue manque de modestie. « Oui, dans les règles de nos cours, répond Voltaire, mais non dans les temps de la cheva- lerie. » Pourquoi, d'ailleurs, cet élan de fierté castillane après un début d'une s» mâle simplicité, d'une tristesse si digne? Uon Diègue veut faire comprendre à la fois, et la grandeur de l'affront infligé à un si vaillant serviteur de l'Etat, et la pressante nécessité qui commandait à Rodrigue de venger son glorieux père, impuissant à se venger lui-même.

707. Var. Ni tons mes ennemis, ni toag mes envieox. (16S7 in-13.)

708. Ce seul mot, presque, marque la différence qui sépare le drame français du drame espagnol, où le soufQet est donné sous les yeux mêmes du roi.

Yar. L'Orgueil, dans votre cour, l'a fait presque à vos yenx. Et souillé sans respect l'honnaar de ma vieillesse. Avantagé de l'âge et fort de ma faiblesse. (1637-56.)

« Il fallait dire et a souille, car ia fait ne peut p"as régir souillé. » (Aca- démie.) Corneille reconnut la justesse de la critique ; peut-être aussi a-t-il réfléchi que le public français comprendrait mal, sans être averti, ce surnom da don Gormas, l'Orgueil, traduction de l'espagnol Lozano, le glorieux

711. Blanchi est ici pris au propre, il était pris au figuré plus haut (v. 239). Le hamoxà, c'était d'abord l'armure complète de l'homme d'armes, et parfois aussi son équipage.

Savex-vons ponr la gloire onbUer le repoa.

Et dormir en plein champ le /lomoû lor 1« dos? (Boilean, Solt'tv Vi

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