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324 LE GID

SCÈNE II. D. SANCHE, CHIMENE, ELVIRB.

D. SANCHE.

Oui, Madame, il vous faut de sanglantes victimes :

Votre colère est juste, et vos pleurs légitimes;

Et je n'entreprends pas, à force de parler, 775

m de vous adoucir, ni de vous consoler.

Mais si de vous servir je puis être capable,

Employez mon épée à punir le coupable;

Employez mon amour à venger celte mort :

Sous vos commandements mon bras sera trop fort. 780

CHIMÈNE.

Malheureuse 1

D. SANCHE.

De grâce, acceptez mon service.

CHIMÈNE.

J'offenserais le roi, qui m'a promis justice.

D. SANCHE.

Vous savez qu'elle marche avec tant de langueur,

781. « La bienséance eût été mieux observée, s'il se fût mis en devoir de venger Cbimène sans lui en demander la permission, n (Aradémie.) — << Point du tout; ce n'était pas l'usage de la chevalerie; il fallait qu'un champion fût avoué par sa dame : et, de plus, don Sanche ne devait pas s'eiposer à déplaire à sa maîtresse, s'il était vainqueur d'un homme que Chimène eût encore aimé... Quelque insipidité qu'on ait trouvé dans le personnage de don Sanche, il me semble qu'il fait là un effet très heureux, en augmentant la douleur de Chimène; et ce mot Malheureuse! qu'elle prononce sans presque l'écouter, est sublime. Lorsqu'un personnage qui n'est rien par lui-même sert à faire valoir le caractèr principal, il n'est point de trop. » (Voltaire.)

Vor. Madame, acceptez mon service. (1637-60.)

783. Elle se rapporte au nom indéterminé justice, sans article. « Le pronom, écrit pourtant Vaugelas, est comme une chose fixe et adhérente, et le nom sans article ou avec un article indéfini est comme une chose vague et en l'aii 9Ù rien ne se peut attacher. » A ce compte, les vers suivants seraient pei kWrects :

Permettez qu'il achève, et je ferai justice :

J'aime à la rendre à tous, à tonte heure, en toat lien, (floroc;, 141T.)

Je disais vérité. — Uoand ao mentear la dit.

Ko passant par sa booehe elle perd son eridit. {Menttur, lOTt.)

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