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ACTE IV, SCÈNE II «53

l'infante. Ma Chimène, il est vrai qu'il a fait des merveilles.

CHIMÈNE.

Déjà ce bruit fâcheux a frappé mes oreilles,

Et je l'entends partout publier hautement H5o

Aussi brave guerrier que malheureux amant.

l'infante. Qu'a de fâcheux pour toi ce discours populaire? Ce jeune Mars qu'il loue a su jadis te plaire : Il possédait ton âme, il vivait sous tes lois, Et vanter sa valeur, c'est honorer ton choix. 1160

CHIMÈNE.

Chacun peut la vanter avec quelque justice ;

Mais pour moi sa louange est un nouveau supplice.

On aigrit ma douleur en l'élevant si haut :

Je sens ce que je perds quand je vois ce qu'il vaut.

Ah! cruels déplaisirs à l'esprit d'une amante ! 1165

Plus j'apprends son mérite, et plus mon feu s'augmente;

Cependant mon devoir est toujours le plus fort

Et, malgré mon amour, va poursuivre sa mort.

l'infarti. Hier, ce devoir te mit en une haute e>time;

1153. Des merveilles; Chimène parlait tout à l'beure de « miracles »; mais !• piquant de la situation est qu'elle se voit contrainte de laisser louer Rodrigue par l'infante seule.

1157. Ce discours populaire, ces propos répandas parmi le peuple. Corneille dit de même une u erreur populaire » {Héraclius, 279). Quant au mot discours, c'est là son sens propre, comme c'est le sens propre du latin sermo.

Je venx que l'on soit homme, et qa'en tonte reD(x>ntre Le fond de notre cœur dans nos dUcours te montre.

(Molière, Mùanthr. I, 1.)

Oai, TOI moindres diieour» ont des grftces secrètes.

(Racine. Esther, m, t.

  • 160. Il semble qu'ici la charitable infante fasse subir à Chimène i^ .^litabU

interrogatoire, légèrement perfide.

1161. \ar. J'accorde que chacan la vante avec justice. (1637 et tt-i6.)

"Var. J'accorde que diacnn le vante avec justice. (1638.)

il65. Sur déplaisirs, voyez la note du vers 116. — Esprit est ici pris pour VBur, comme au vers 498.

1169. « Corneille, grand partisan de la diérèse dans les mots terminés en ier (bouclier, meurtrier, ouvrier, etc., fait cependant toujours hier d'une seule syllabe; cette quantité a été du reste la plus ordinaire jusqu'à Boileau. » (M. Martv- Laveatix.) — « Cet hier fait voir que la pièce dure deux jours dans Coriieilrt> . l'unité de temps n'était pas encore une règle bien reconnue. Cependant, si la ^erelle da Comte et m mort arrivent la watll* wi soir, et li le lendemain tout

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