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260 LE CID

De sortir de la vie en combattant pour toui.

D. FERNAND.

.!'excuse ta chaleur à venger ton ofiense,

Et l'État défendu me parle en ta défense.

Crois que dorénavant Ghimène a beau parler, 1255

Je ne l'écoute plus que pour la consoler.

Mais poursuis.

D. RODRIGUE.

Sous moi donc cette troupe s avance, Et porte sur le fVont une mâle assurance. Nous partîmes cinq cents, mais, par un prompt renfort, Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port, 1260

Tant à nous voir marcher avec un tel visage

1252. M. Géruzez remarque que, dans la Henriade, chant II, Coligny repro< duit à peu près ce vers lorsqu'abandonnant sa vie aux meurtriers, il ajoute :

Jensse aimé mieux la perdre en combattant ponr vous.

1253. Yar. J'excase ta chalenr à venger une offense. (1638.)

Ta chaleur, ta chaleureuse, ton impétueuse promptitude ; voyez la note dt rers 838.

1254. C'est à peu près ce que dit le roi Tullus au jeune Horace, vainqueur et meurtrier, en l'absolvant au V" acte A'Horace.

1257. Ici commence cette narration si souvent présentée comme le modèle de la narration dramatique et épique. « Toutes les expressions sont simples ; ce sont celles dont se servira tout homme qui voudra nommer les choses dont parle le Cid ; mais le Cid ne parle que des choses qui valent la peine d'être nommées toutes les circonstances nécessaires, et les circonstances nécessaires seules, c'est îà ce qu'il nous montre, parce que c'est là ce qu'il a vu, ce qu'il a dû voir dans la position où il s'est placé, et ce qui nous transporte dans cette position. Voilà la poésie. » (Guizot, Corneille et son temps.) On a dit que le grand Condé ne devait pas raconter autrement la bataille de Rocroy. « Il y a de magnifique* bulletins parmi les bulletins de la Grande Armée; il n'y a pas de récit plus noble plus simple, plus complet, et surtout plus modeste que le récit du Cid. ii(J. Janin.)

1259. Ce sont les cinq cents amis dont lui a parlé don Diègne à la fin dn troisième acte. — « Voltaire remarque que l'Académie n'a point repris cet en- droit, qui consiste à substituer un aoriste au simple passé. Néanmoins il n'ose justifier Corneille, et se contente de dire : « Plût à Dieu que cette licence fût permise en poésie! » Depuis lors, les grammairiens, sans se montrer aussi rigou- reux, ont tous supposé que le parfait défini répond essentiellement à un cer- tain période nécessairement terminé, que ce période soit un jour, une semaine, an mois, une année, un siècle. » (M. Marty-Laveaui.)

1261. A nous voir, en nous voyant; cette construction de à eu ce sens s'Mt déjà présentée aux vers 5, 78, 327, 434. Corneille avait écrit d'abord : Tant à noas voir marcher en si bon éqaipage. (1637-56.)

Mais ici encore Scudéry avait fait parade, aux dépens de Corneille, de sa com- pétence spéciale dans l'art militaire : « C'est encore parler de la guerre en bon bourgeois qui va à la garde; au lieu de ce vilain mot d'équipage, qui ne vaut rien là.i! fallait dire: en si bon ordre.» — «L'Observateur a eu raison de direqu'3 eut été mieux de mettre en bon ordre, car ils allaient au combat et non pas es foyage ; mais il a tort de dire que le mot équipage soit vilain. * (Académie.) La

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