Page:Corneille Théâtre Hémon tome1.djvu/438

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2Ô4 LE ClD

Faire avancer les uns, et soutenir les autres.

Ranger ceux qui venaient, les pousser à leur tour,

2t ne l'ai pu savoir jusques au point du jour.

Mais enfin sa clarté montre notre avantage ;

Le More voit sa perte et perd soudain courage, f310

Et voyant un renfort qui nous vient secourir,

L'ardeur de vaincre cède à la peur de mourir.

Ils gagnent leurs vaisseaux, ils en coupent les câbles,

Poussent jusques aux cieux des cris épouvantables,

Font retraite en tumulte, et sans considérer 1315

Si leurs rois avec eux peuvent se retirer.

Pour souffrir ce devoir leur frayeur est trop forte :

Le flux les apporta, le retlux les remporte.

Cependant que leurs rois, engagés parmi nous.

Et quelque peu des leurs, tous percés de nos coups, 1320

1308. Var, Et n'en pas rien savoir jnsqnes an point dn jour. Mais enfin sa clarté montra notre avantage : I.e More vit sa perte, et perdit le courage. Et, voyant nn renfort t^ni nons vint secoarir. Changea l'ardeur de vaincre à la peur de mourir. (1631-BB.)

1313. Touies les éditions, dit M. Marty-Laveaux, portent chables, excepté celles de 1644 in-12 et de 1600-64, qui donnent câbles. La forme chable était alors fort usitée, et Ménage, dans ses Observations évitait prudemment de se prononcer entre les deux écritures : « On peut dire l'un et l'autre, écrivait-il : chable me semble plus français et câble plus élégant. »

1314. Var. Nons laissent pour adieux des cris épouvantables. (1637-66.)

« On ne dit point laisser un adieu, ni laisser des cris, mais bien dire adieu et jeter des cris, outre que les vaincus ne disent jamais adieu aux vainqueurs ». (Académie.) — « Les personnes qui étudieront Corneille apercevront combien de locutions neuves et heureuses Racine emprunta de son vieux langage et sut rajeunir sous sa plume subtile. On trouve de lui ce vers :

Qn'il n'ait, en expirant, qne ses cris pour adieux. (Ba^aze^ IV, 6.)

L'auteur du Cid avait dit auparavant :

Nons laissant pour adieux des cris épouvantables.

Un grand corps littéraire ayant dogmatiquement décidé que des crb n'étaient pas des adieux et Corneille s'étant rendu à ce jugement, on assure que Racine, dirisé par un meilleur çroût, s'écria : « Puisque l'Académie condamne ce veri, et que Corneille le rejette, je le prends. » (Lemercier, Cours analytique de littérature générale.) L'anecdote est des moins vraisemblables, mais le regret exprimé par Lemercier est fondé.

1316. Var. Si leurs rois avec eux ont pu se retirer.

Ainsi leur devoir eède à la frayeur trop forte. (1637-56.)

1318. Var. Le flux les apporta, le reflux les emporte. (1637 in-12 et U in-^.)

1319. Cependant que pour pendant que a été condamné par Vaugelas ; mais Corneille n'a jamais renoncé à cette tournure; voyez nos éditions de Polyeucte (365), Pompée (179), le Menteur (283). Comme l'observe M. Littré, cependant fue ne se dit plus qu'en poésie.

1320. Var. Kt quelque peu des leurs, tons cbargés de nos coups. (163(.)

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