Page:Corneille Théâtre Hémon tome1.djvu/72

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Lvui HlUGRAPHIE DE CORNEILLE

s'étaient ajoutés : il venait de perdre, sous les murs de Grave, l'uii de ses fils, celui-là même qui avait été blessé devant Douai; un autre restait à sa charge, et fut pourvu seulement en 1680 du bénéfice d'Ayguevive. Un autre enfin servait encore à l'armée, en qualité de capitaine de cavalerie, mais on sait combien cher coûtait alors l'entretien d'un officier. Aussi le père ne cesse-t-il d'appeler sur ses enfants l'attention bienveillante du roi, qu'il sert « par d'autres bras » sur les champs de bataille. Dans une traduction des vers latins du P. de la Rue, Sur les Victoires du roi (1672), il avait introduit déjà cette allusion discrète, répétée ailleurs; car, dans la traduction même. Corneille est personnel, et le latin du P. de ia Rue est fort loin, par exemple, d'avoir l'énergie de cette apostrophe aux Hollandais :

Misérables ! quels lieux cacheront vos misères,

Ou vous ne trouviez pas les ombres de vos pères,

Oui, morts pour la patrie et pour la liberté,

Feront un long reproche à votre lâcheté ?

Cette noble valeur, autrefois si connue,

Cette digne fierté, qu'est-elle devenue?

Quand sur terre et sur mer vos combats obstinés

Brisaient les rudes fers à vos mains destinés.

Quand vos braves Nassaus, quand Guillaume et Maurice,

Quand Henri vous guidait dans cette illustre lice,

Quand du sceptre dxinois vous paraissiez l'appiii',

N'aviez-vous que les cœurs et les bras d'aujourd'hui?

Ces beaux vers, comme les vers sur le rétablissement de la fui catholique en Hollande et le sonnet sur la prise de Maëstricht, sont antérieurs à la retraite définitive de Corneille; mais alors même qu'il eut renoncé pour toujours à la scène, il retint quelque chose de la fierté tragique, jusque dans les poésies où il prend tant de peine pour être ce qu'il n'est pas, uu poète de cour. L'année 1676 n'est pas marquée par moins de quatre pièces diverses adressées par Corneille au roi, mais sur quel ton parfois! C'est une étrange requête, en vérité, que la courte ièce intitulée Placet an rui,et qui rappelle au monarque oublieux

Qu'un grand roi ne promet que ce qu'il veut tenir.

Un plus noble orgueil inspire les vers Au roi sur Cinna, Pompép, Horace, Sertoriw^, Œdipe, Rodogune, qu'il a fait représenter de suite

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