Page:Corneille Théâtre Hémon tome2.djvu/49

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INTRODUCTION 33

sommaires : <' Horace : Le Ihéàlre est un palais à volonté; au

M" acte, un fauteuil'. »

L'unité d'action et l'unité d'intérêt sont-elles aussi stricte- ment observées que l'unité de lieu? Plus régulier que le Chl, ou du moins plus conforme en apparence aux règles, Horace forme-t-il un ensemble harmonieux, un tout logique, et dont les parties soient inséparables? On a déjà lu les aveui de Corneille; mais peut-être s'abandonne-t-il trop lui-mêma En effet, à défaut de l'unité d'action, l'unité d'intérêt est réalisée dans Horace.

Si, comme le veut CorneiTîe', une action doit avoir un com mencement, un milieu et une fin, sans qu'aucune autre action secondaire puisse se greifer sur l'action principale, il est clair qu'à la fin du IV acte d'Horace une nouvelle action s'ouvre. On peut même accorder à Corneille, — qui met une naïve ardeur à confesser ses fautes en les exagérant, — que cette action nouvelle est mal proportionnée à la première, que la gradation est mauvaise d'im péril illustre et public à un péril infâme et privé ; que, par suite, l'intérêt décroit et même se déplace. M. Merict, qui voit avec raison dans les trois premiers actes une merveille d'industrie, a fort bien résumé les reproches qui ont été adressés aux deux derniers: « Outre que la fureur de Camille nous laisse assez froids, la violence sauvage qui fait justice de ses unprécations a le tort d'amoindrir à nos yeux le sauveur de Rome. Tandis que ce fratricide nous ré- volte comme un crime, notre sympathie se refuse à une vic- time qui semble en démence. Ajoutons que, si le vieil Horace ne cesse pas de ravir nos applaudissements, on ne saurait éprouver une crainte sérieuse pour le dernier fils dont il va drfcndre avec l.'iiit d'éloquence l'iionneur et la vie ^. » A ces objections M. Merlet fait une réponse qui nous parait con- cluante, et nous ne sauiions mieux faire que de le citer encore: « N'est-il point incontestable que Corneille ne pouvait terminer l'action au IIl" acte? N'est-ce point un prmcipe que le dé- nouement doit décider avec vraisemblance du sort de tous les personnages et qu'il faut les faire sortir des situations diffi- ciles où les événements les ont engagés? Or, finir le drame à la victoire d'Horace, c'eût été laisser Camille résignée à son malheur, ce qui répugnait à la vérité morale, comme au té-

��I. Despois : le Théâtre sous Louis XIY.

î. Discours du poème dramatique.

3. Etwi's sur les classiques français, I" vol. — Théâtre. Il y a peu de livre» destinés aux élèves qui aieat la valeur originale et la Qnesse littéraire de ce livri nioiièle.

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