Page:Correspondance apocryphe de saint Paul et des Corinthiens.djvu/13

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note écrite en tête du volume rend le lecteur attentif à cette disposition curieuse, et dont je ne pense pas qu’on trouve un autre exemple aussi ancien ; elle nous indique en même temps la provenance du manuscrit :

Hoc porro ordine conscriptos sacros hosce libros reor, quo illos Ambrosiana ecclesia in matutinis precibus legit[1]. Utpote hic codex fuit usque præposituræ SS. Petri et Pauli de Abiascha in Lepontiis, atque a præsentissimo interitu pecunia redemptus hoc anno MDCCLXXVI.

Abiascha est le nom latin de Biasca, village situé dans la haute vallée du Tessin, sur la route du Saint-Gothard[2]. C’est donc de ce coin reculé des Alpes que provient notre volume : il se ressent de l’état de ruine où il était lorsque le bibliothécaire B. Oltrocchi le sauva de la destruction[3]. Le manuscrit n’est probablement pas antérieur au dixième siècle, il n’est certainement pas plus récent. Le texte qu’il contient est la Vulgate, mais mêlée de beaucoup d’éléments empruntés aux anciennes versions. Ce texte est curieux à tous égards ; il ne ressemble pas à ceux que Bobbio nous a légués ou que Monza nous a conservés. Les analogues en devraient être cherchés fort loin. Certaines préfaces et certains sommaires ne se rencontrent pas ailleurs. Est-ce un texte erratique, égaré dans ces hautes vallées, ou n’est-ce pas plutôt le témoin d’une très ancienne tradition ? Nous ne saurions le dire.

À la fin du manuscrit, au feuillet 169, on lit, après les mots Explicit epistula Pauli ad Hebreos, les textes suivants, écrits

    Livres sapientiaux, Job, Tobie, Judith, Esther, Esdras, Machabées, Ézéchiel, Daniel, petits Prophètes, Ésaïe, saint Paul.

  1. L’auteur de la note n’a pas remarqué que le rit ambrosien est, sur ce point, d’accord avec la liturgie romaine.
  2. On connaît trois autres manuscrits provenant de Biasca et qui sont entrés à la bibliothèque Ambrosienne avec notre manuscrit ; l’un d’eux est un sacramentaire du rit ambrosien, du dixième siècle (A 24 bis inf. ; Delisle, Mémoire sur d’anciens sacramentaires, p. 199).
  3. Description sommaire du manuscrit : 485 millimètres sur 380. 169 feuillets. 2 colonnes de 49 à 51 lignes. Titres courants noirs, chapitres rouges et rubriques ; quelques grandes initiales à entrelacs. Commencement : Desiderii mei (préface de la Genèse)… Très mutilé.