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mémoires olympiques

guerre rapide et à une victoire certaine, ne demandaient pas à être déchargés du mandat olympique. Prendre à cet égard une initiative en faveur des États-Unis ou de la Scandinavie, c’était courir au-devant d’aventures difficiles à prévoir et risquer des fissures ultérieures dans le bloc olympique, sans aucun avantage pour personne. Je me refusai donc à toute espèce d’action en ce sens.

La composition du Comité n’eût pas été en question si l’opinion britannique qui, pour la première fois, manquait de mesure et de pondération n’avait pas exigé de certains groupement internationaux de caractère académique ou scientifique l’expulsion des membres de nationalité germanique. Ni la France, ni la Belgique, ni la Russie ne paraissaient disposées à en faire autant. Là encore, agir c’était semer du mauvais grain dans un sol inconnu. La situation eût pu être gênante s’il y eût eu un Allemand ou un Autrichien dans le Bureau du C. I. O., mais ce n’était pas le cas. Il pouvait donc subsister tel quel avec simple suspension de ses sessions. Plus tard on aviserait. Anticiper sur l’avenir par des décisions précipitées n’eût été qu’une maladresse inutile. Je repoussai donc, approuvé par mes collègues belges et français, la sommation de M. Th. A. Cook qui donna sa démission.

Ces deux points réglés, il s’en présenta deux autres où, tout à l’inverse, j’estimais qu’une prompte action s’imposait. Le siège social du C. I. O. était imprécis. On le croyait à Paris parce qu’alors j’y avais mon domicile principal. Mais nous vivions sur une règle datant de l’origine et d’après laquelle le siège social se transportait tous les quatre ans dans le pays de la prochaine Olympiade : privilège devenu fictif, sans doute, mais dont quand même on pouvait tout à coup se réclamer