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mémoires olympiques

ajouté. Un prix d’alpinisme était créé pour l’ascension la plus remarquable accomplie sur un point quelconque du globe depuis les Jeux de 1896.

La presse — celle de droite, surtout, mais aussi celle de gauche — fit bon accueil à l’initiative. Les sportifs indépendants parurent satisfaits. Dès le 16 juin 1898, Henri Desgrange mettait le vélodrome du Parc des Princes à notre disposition, puis Giffard se chargeait des concours de natation et Pierre Laffite offrait sa Vie au Grand Air comme organe officiel. M. Molier parlait d’une représentation de gala à son fameux cirque et le comte Potocki d’un carrousel donné par la société équestre L’Étrier. Au dehors, on avait été tenu longtemps dans l’expectative concernant les projets officiels. On prit aussitôt confiance. On se mit à la besogne. Des lettres de M. de Bousies, du général de Boutowsky annoncèrent des créations de comités en Belgique et en Russie ; et d’Australie, L. A. Cuff promit « a powerful team ».

Nous allions commencer à nous occuper du logement des athlètes, principalement au moyen de camps bien situés et aménagés (les athlètes n’étaient pas si difficiles dans ce temps-là), lorsque la bombe éclata. On me jugera bien naïf de ne l’avoir point prévue. Et je pensais que les fédérations dont on appliquerait les règlements et auxquelles on confierait la formation des jurys et la direction des concours recevraient par là une suffisante satisfaction pour les intéresser à l’entreprise. Et les décorations, bon dieu ! J’avais oublié les décorations. En France, quelle folie ! à moins de créer nous-mêmes une « ordre international », nous n’avions pas le moindre ruban vert, jaune ou violet à distribuer. Impossible