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ne fut point unie ; il n’existait plus, assurément, entre Piémontais, Vénitiens, Romains, Napolitains ou Siciliens, aucune des velléités sécessionnistes d’antan. Mais les caractères, les tempéraments, les façons de concevoir et d’exécuter demeuraient si différents qu’en dehors des questions d’intérêt vraiment national, la collaboration était malaisée et les malentendus, fréquents et durables. On pense bien que je ne vais pas entrer ici dans le détail des négociations et conflits d’ambitions qui se produisirent. J’en ai déjà raconté quelque chose dans un livre de souvenirs publié en 1908 et qui s’arrête à cette date. Comme il l’avait fallu à Athènes onze ans plus tôt, je dus substituer mon action personnelle à celles qui tardaient fâcheusement à se manifester et dresser moi-même les plans et devis des Jeux. Le roi et la reine voulurent bien m’indiquer la « place de Sienne » dans la villa Borghèse, stade naturel d’une beauté parfaite qui convenait, en effet, à merveille aux sports athlétiques. Je choisis la place d’Armes pour les manifestations gymniques et les Thermes de Caracalla pour les sports de combat. Quels cadres merveilleux et d’aménagement facile ! Tor di Quinto s’offrait pour les sports équestres et les jeux ; le Tibre, entre le Ponte Molle et le Ponte Margherita, pour l’aviron et la natation ; le Capitole pour les cérémonies et les réceptions… Le devis initial d’après toutes les données recueillies se divisa en douze chapitres. Le total montait à 303.000 lires. Heureux temps ! il est vrai que, comme en 1896, comme en 1900, les Jeux de 1908 m’apparaissaient conçus pour une élite : cinq cents concurrents et quinze à vingt mille spectateurs environ. Le devis comprenait les prix, statuettes et médailles dont les moules, brisés dès la clôture, accroîtraient singulièrement la valeur (j’ai tou-