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l’humanité

n’en fut pas moins un Grec, élève d’Aristote, imbibé de littérature grecque, passionné pour tout ce qui a formé le génie grec. Lorsqu’il eut conquis la Perse, le génie persan le conquit à son tour ; il se laissa aller à une adoption un peu servile des coutumes suivies, des idées en usage chez ceux qu’il avait vaincus. Son empire n’en fut pas moins le triomphe de l’hellénisme et le résultat le plus clair de ses victoires fut d’helléniser l’Orient. Lorsque ses généraux se partagèrent cet empire, il en sortit les royautés grecques de Cassandre en Macédoine, de Séleucus à Babylone, de Lysimaque en Thrace, d’Antigone en Asie, de Ptolémée en Égypte.

Si l’on ne peut comprendre l’hellénisme en le séparant des lettres et des arts, qui en furent comme la moelle, on ne peut davantage comprendre la puissance romaine en la séparant des lois qui en furent le piédestal, de l’organisation politique qui en fut l’instrument, de l’esprit de discipline qui en constitua le ciment et que la Rome païenne légua ensuite à l’Église. Ce ne sont pas les légendes de la