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UNE OLYMPIE MODERNE

iii — Le programme des Jeux

Lorsque les Jeux Olympiques furent rétablis en 1894, il fut stipulé qu’ils comprendraient autant que possible toutes les formes d’exercice en usage dans le monde moderne. Ce vœu s’est trouvé pleinement réalisé lors de la ive Olympiade célébrée à Londres en 1908. Le programme des Jeux de Londres ne sera certainement jamais dépassé au point de vue du nombre des épreuves qui eurent lieu. Il est probable qu’il ne sera pas toujours atteint. Quoi qu’il en soit, nous nous en inspirerons pour dresser la liste des sports auxquels il convient que l’Olympie moderne donne asile, tout en tenant compte de certains desiderata exprimés ou de certaines décisions prises depuis lors par le Comité International : par exemple la suppression du cyclisme sur piste, ce qui supprime du même coup le vélodrome de la liste des édifices à prévoir. Cinq grandes divisions s’affirment dont le souci architectural doit s’inspirer : les sports athlétiques et gymniques, les sports de combat, les sports nautiques, les sports équestres, enfin les jeux proprement dits.

Les sports athlétiques et gymniques comprennent : les exercices de gymnastique individuels et collectifs, les courses à pied, les sauts, les lancers (poids, disque, javelot). Pour s’épandre à l’aise il leur faut une vaste esplanade et des pistes. Tout naturellement on a eu tendance à adopter la solution de la piste ovale avec l’esplanade au centre et des tribunes de spectateurs sur le pourtour. Stade comme à Athènes, arènes comme à Londres, l’aspect général est également inesthétique. Quelle différence entre ces ellipses ennuyeuses et, par exemple, la piste du Racing-Club de Paris artistement dessinée à travers des pelouses ombragées. Les terrains du Hurlingham à Londres, de Travers-Island à New-York sont également à citer en exemples. Ils suffisent à prouver qu’on peut atteindre l’excellence technique sans pour cela sacrifier la beauté des arrangements.

Les sports de combat comprennent : l’escrime proprement dite (épée, sabre, canne, bâton), la boxe, la lutte et le tir. Après s’être enfermée longtemps en des locaux hermétiquement clos et, partant, médiocrement sains, l’escrime a fini par s’aviser qu’elle pouvait aisément devenir un sport de plein air, et tout le monde s’en est trouvé bien. C’est à elle, semble-t-il, que s’adapteraient le mieux ces