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le programme des jeux

espaces entourés de portiques qu’affectionnaient les architectes d’autrefois. La boxe et la lutte s’y encadreraient également bien. L’obligation de pourvoir à la sécurité ne permet pas d’adopter pour le tir une autre disposition que celle du stand, tel qu’il est en usage aujourd’hui, mais les vilaines murailles latérales en peuvent être transformés en talus verdoyants. De plus, si l’on inscrit au programme comme ce fut le cas à Londres, le tir au vol sur gibier artificiel, il faut prévoir un terrain en éventail avec suffisamment d’horizon pour écarter tout péril.

Les sports nautiques sont : la natation avec son annexe le jeu de water-polo, l’aviron et le yachting. Nous dirons tout de suite que le yachting ne peut être créé artificiellement. Si l’Olympie s’allonge ou s’étage au bord de la mer ou d’un lac tel que le lac Léman, ou bien si elle se trouve comme Berlin ou Madison à proximité d’un véritable réseau lacustre, les courses de yachts peuvent y être organisées mais le rôle de l’architecte se borne, en ce cas, à dessiner un port abri et quelques embarcadères ou estacades. Une simple rivière navigable, de petites dimensions, insuffisante au yachting, suffit au contraire au sport de l’aviron. Quant à la natation, il est préférable de lui réservé une piscine, soit à ciel ouvert, soit dans un édifice fermé. Autant en ce dernier cas en profiler pour y annexer des thermes complets, l’hydrothérapie étant l’accompagnement obligé de tout athlétisme. L’occasion est tentante, les modernes n’étant pas encore parvenus à rivaliser, sous ce rapport, avec les grands ancêtres latins.

Les sports équestres sont évidemment les plus encombrants et les plus coûteux ; de là vient qu’ils n’aient pu, le plus souvent jusqu’ici, figuré de façon complète aux Jeux Olympique. Londres pourtant a eu le polo et aussi un concours hippique international qui, bien que donné en dehors de l’Olympiade, l’a heureusement complétée sous ce rapport. La partie équestre des Jeux Olympiques ne doit comprendre ni courses de chevaux ni concours hippiques, au sens habituel du mot, c’est-à-dire des manifestations ou l’amélioration de la race chevaline et les questions qui s’y rattachent entrent en ligne de compte au même degré que les talents du cavalier, et même à un degré supérieur. En plus du jeu de polo doivent avoir lieu les exercices susceptibles de mettre en relief l’habileté, l’énergie, la souplesse, la science du concurrent : passages et sauts d’obstacles notamment, jeu de bagues, pig-sticking, etc… On peut aussi escompter pour l’avenir la diffusion d’un admi-