Page:Coubertin Une Olympie moderne 1910.djvu/16

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée
14
UNE OLYMPIE MODERNE

rable sport : l’escrime à cheval avec sa compagne la lutte à cheval, laquelle n’est guère pratiquée aujourd’hui qu’en Angleterre. Un champ de jeu pour le polo, une arène pour les exercices équestres constituent donc le centre indispensable de cette partie des Jeux Olympiques. Cette arène peut être couverte ou à ciel ouvert et revêtir telles formes que fixera la fantaisie de chacun.

Sous la rubrique de jeux proprement dits, il faut ne ranger que les jeux dûment internationalisés par la pratique universelle. Le cricket n’a guère de charmes pour les non Britanniques et, jusqu’à présent, il semble qu’on doive être Américain pour goûter le baseball. Quant à la crosse, c’est un sport presque exclusivement canadien. Il en va autrement du lawn-tennis, du foot-ball et, jusqu’à un certain point, de la courte paume et du hockey. Le foot-ball et le hockey ne réclament qu’une prairie de dimensions voulues : huit terrains de tennis suffisent amplement au tournoi le plus nourri. La courte-paume se joue dans des salles dont l’art architectural ne saurait guère modifier les aspects forcément disgracieux.

L’industrie moderne a trouvé le moyen de créer de la glace artificielle mais il n’est guère raisonnable d’escompter le moment ou une chimie perfectionnée pourra étendre sur le flanc des collines de la neige résistante et durable. Dès lors le patinage est le seul des trois grands sports d’hiver qui pourrait à la rigueur avoir place dans l’enceinte olympique. La dépense serait énorme et les dimensions de la patinoire nécessairement restreintes. Il vaut mieux s’en tenir à la solution qui consiste à grouper ailleurs en hiver sous le nom de Jeux du Nord, ces sports spéciaux.

Par contre on peut prévoir un aérodrome avec les installations nécessaires aux aéroplanes et au gonflement des ballons libres, le dirigeable ne pouvant passer pour un instrument de sport. Reste un dernier sport — l’alpinisme — qui ne peut figurer au programme des Jeux que par la remise d’un prix à l’auteur de l’ascension jugée la plus méritoire parmi celles des quatre dernières années. On nous fera peut-être remarquer que nous ne parlons pas de l’automobile. Il en est de l’automobile comme du cyclisme ; il n’est plus admis par le C. I. O. que sur route, en manière de cross-country.

Voilà pour la partie sportive du programme des Jeuxmodernes ; reste à parlet• de la partie littéraire et artistique.