Page:Courier Longus 1825.djvu/39

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cette côte, et, descendant à terre armés de corselets et d’épées, pillèrent ce qu’ils purent trouver, comme vin odorant, force grain, miel en rayons, et même emmenèrent quelques bœufs et vaches de Dorcon. Or en courant çà et là, ils rencontrèrent de male aventure Daphnis qui s’alloit ébattant le long du rivage de la mer, seul ; car Chloé, comme simple fille, crainte des autres pasteurs, qui eussent pu en folâtrant lui faire quelque déplaisir, ne sortoit si matin du logis, et ne menoit qu’à haute heure paître les brebis de Dryas. Eux voyant ce jeune garçon grand et beau, et de plus de valeur que ce qu’ils eussent pu davantage ravir par les champs, ne s’amusèrent plus ni à poursuivre les chèvres, ni à chercher à dérober autre chose de ces campagnes, mais l’entraînèrent dans leur fûte, pleurant et ne sachant que faire, sinon qu’il appeloit à haute voix Chloé tant qu’il pouvoit crier.

Or ne faisoient-ils guère que remonter