Page:Cournot - Essai sur les fondements de nos connaissances.djvu/17

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée



Si l’on ne se bornait pas à observer le système à deux époques distinctes, mais qu’on le suivît dans ses états successifs, il y aurait, sur les mouvements absolus des divers points du système, des hypothèses que l’on serait conduit à préférer à d’autres pour l’explication de leurs mouvements relatifs. C’est ainsi qu’abstraction faite des notions acquises plus tard sur les masses des corps célestes et sur la nature de la force qui les fait mouvoir, l’hypothèse de Copernic, comparée à celle de Ptolémée, expliquait les mouvements apparents du système planétaire d’une manière plus simple, plus satisfaisante pour la raison, et partant plus probable.

Enfin, il y a des circonstances qui peuvent nous donner la certitude que les mouvements relatifs et apparents proviennent du déplacement réel de tel corps et non de tel autre. Ainsi, l’aspect d’un animal nous apprendra par des symptômes non équivoques s’il est effectivement en repos ou en mouvement. Ainsi, pour rentrer dans l’exemple que nous prenions tout à l’heure, les expériences du pendule prouveront le mouvement diurne de la terre ; le phénomène de l’aberration de la lumière prouvera le mouvement annuel ; et l’hypothèse de Copernic prendra rang parmi les vérités positivement démontrées.

6

Remarquons maintenant que ces mouvements auxquels nous donnions provisoirement et improprement la qualification d’absolus, et dans lesquels nous cherchions la raison des déplacements relatifs, peuvent n’avoir eux-mêmes qu’une existence relative. Pour faciliter l’intelligence de cette distinction capitale, nous avons à notre disposition les exemples les plus familiers comme les plus relevés.

Sur un bâtiment où des animaux sont embarqués, nous en considérons deux, à deux instants différents : leur situation relative a changé. À défaut de tout autre terme de comparaison, nous pourrons juger sans hésitation, par les attitudes de l’un et de l’autre animal, que le premier s’est déplacé, tandis que l’autre gardait le repos. Mais ce jugement n’est vrai