Page:Courtois - Isocrate, le prêtre Testis unus et l'abbé Thise.djvu/3

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est à l’homme ; le dogme et la morale, voilà l’essentiel !


Testis unus. Et les loix de l’église ! et la théologie ! et les canons ! et les conférences ! et la somme de St. Thomas !


Isocrate. Tout cela m’épouvante et m’obscurcit, tandis que rien ne m’éclaire et ne me rassure comme le bon sens, si difficile à avoir, et qui rendroit les livres si courts ; comme ce bon sens, si simple, parce qu’il est raisonnable, qui critique les sciences humaines et les redresse, qui n’a point de part à une infinité de doctrines et qui ne sauroit subsister avec des erreurs. Si dans l’église célebre, par des subtilités et des arguties, qui ont engendré des docteurs, lesquels docteurs ont engendré des erreurs, lesquelles erreurs ont engendré des meurtres, on eût fait usage de ce bon sens, si difficile à saisir, si difficile à garder, et dont la présomption et l’orgueil seuls débordent, la religion eût conservé tout son éclat ; elle eût consolé les hommes, au-lieu de servir à les faire détruire ; le monde eût été paisible, les gouvernemens se fussent perfectionnés, et le trône du despotisme ne se fût point appuyé sur l’autel qui ne le soutient que pour l’engloutir. En effet, les malheurs qu’on éprouva dans les trois premiers siecles de l’église, peuvent être regardés comme une punition d’avoir abandonné la simplicité de l’évangile pour les subtilités de l’école. Combien ils se sont reproduits dans les siecles suivans ? combien ils se reproduiront encore ? et tout cela pour des mots. Oh ! Messieurs les prêtres, vous ressemblez à ce conquérant de