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iii
INTRODUCTION.

prendre part à ses plaisirs, à ses fêtes, chanter ses refrains, réciter ses légendes pour apprécier ses sentiments, ses joies, ses peines.

De toutes les formes, aucune n’est plus propre à dévoiler cette face de l’existence d’une nation que les chants populaires. Les mélodies elles-mêmes aussi bien que les textes sont souvent l’expression la plus vraie des idées, des opinions qui ont prédominé aux époques de leur apparition. Il est évident que l’histoire de la civilisation d’un grand peuple ne saurait être complète qu’à l’aide de cet élément. Désormais il devra avoir sa place à côté des autres.

De tous les recueils de poésies, de chants et de traditions populaires publiés jusqu’à ce jour, le plus important est celui qu’édite M. Firmenich, à Berlin, sous les auspices du gouvernement prussien et qui a pour titre : Germaniens Volkerstimmen. L’auteur de cet ouvrage ne se borne pas, comme presque tous ses prédécesseurs, à rassembler les poésies populaires d’une province et même d’un pays, il reproduit les dialectes et les traditions de toutes les races germaniques répandues sur le globe entier. Sous ce rapport, son travail est te plus considérable qui se soit encore produit ; aussi est-il destiné à exercer une grande influence sur les études historiques et philologiques de la germanie.

La France, sentinelle toujours avancée de la civilisation, jalouse de donner l’impulsion à tout ce qui est grand et beau, a été devancée par les nations étrangères. Riche en souvenirs, en poésies, en chants populaires, elle n senti qu’elle ne pouvait rester plus longtemps en arrière du mouvement imprime autour d’elle. Par décret du 46 septembre 1852, l’Empereur a voulu qu’il fût élevé à la gloire nationale un de ces vastes monuments littéraires, destiné à consacrer les souvenirs les plus chers à tout grand peuple, ceux qui se rattachent à son origine. Ce monument comprendra toutes les poésies populaires et traditionnelles de la France, sans exclusion de celles qui seraient conservées dans les idiomes des diverses provinces. L’exécution en est confiée au Comité de la langue, de l’histoire et des arts.

L’idée de cette publication a été accueillie avec le plus vif empressement tant en France qu’à l’étranger. En Allemagne surtout, les journaux en ont parlé comme d’un événement. Les savants, les philologues les plus célèbres, les Grimm, les Firmenich, les Lachman et beaucoup d’autres, ont manifesté toute leur sympathie pour cette noble entreprise. Nul doute que son exécution ne soit pour la France une source nouvelle de lumières aussi profitables à son histoire qu’à sa littérature.

La tâche du Comité de la langue, de l’histoire et des arts serait singulière-