Page:Crépet - Charles Baudelaire 1906.djvu/137

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Encore qu’elle ne réalisât pas cet idéal complexe, mêlé de tristesse et de mystère que le poète des Fleurs a

    Second rang du collier, de Mme Judith Gautier, qui a connu beaucoup « la Présidente » et nous la restitue en quelques pages pittoresques. J’emprunte à Mme Judith Gautier ce joli portrait :

    « La Présidente arrivait du fond de l’appartement et s’annonçait par une roulade, qui s’achevait en un rire perlé.

    » Trois grâces rayonnaient d’elle au premier aspect : beauté, bonté et joie.

    » Elle s’appelait Aglaé et aussi Apollonie, et c’est à elle qu’est adressé le poème d’Emaux et Camées :

    J’aime ton nom d’Apollonie,
    Écho grec du sacré vallon,
    Qui, dans sa robuste harmonie,
    Te baptise sœur d’Apollon…

    « Elle était assez grande et de belles proportions, avec des attaches très fines et des mains charmantes. Ses cheveux, très soyeux, d’un châtain doré, s’arrangeaient comme d’eux-mêmes en riches ondes semées de reflets. Elle avait le teint clair et uni, les traits réguliers, avec quelque chose de mutin et de spirituel, la bouche petite et rieuse. Son air triomphant mettait autour d’elle comme de la lumière et du bonheur. »

    V. encore dans la notice de Théophile Gautier, (Œuvres complètes, p. 8). le paragraphe : « Près de la fenêtre, la femme au serpent… »

    Le Journal des Goncourt est moins enthousiaste. Nous y lisons, à la date du 11 avril 1864 : « Passé la soirée chez Mme Sabatier, la fameuse Présidente au merveilleux corps modelé par Clésinger dans sa Bacchante. Une grosse nature avec un entrain trivial, bas, populacier. On pourrait la définir, cette belle femme un peu canaille ; « une vivandière de faunes ».