Page:Crépet - Charles Baudelaire 1906.djvu/338

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


LETTRE DE IUPPOIATE BABOE

« Mon cher Baudelaire,

» Je n’ai rien à répondre à votre lettre, que ce simple mot : Je ne trouve pas votre procédé amical.

» Rien ne m’étonne dans les relations littéraires, vous étiez parfaitement le maître de choisir votre moment pour rompre avec un journal aussi peu important que le Monde littéraire (x) : mais il me reste la liberté de penser et de dire que ce moment a été mal choisi.

» Si je n’avais été en garde contre de tels accidents, la brusque suppression de votre copie aurait pu me gêner. J’avais heureusement d’autres articles en réserve.

» Recevez mes remerciements très sincères pour les choses aimables qui, dans votre lettre, s’adressent à moi personnellement.

» Quant à ce qui roule sur les frais de voitures et de commissionnaire, quant à la recommandation que vous faites de ne plus vous adresser le journal, on peut, sans être pointilleux, trouver que tout cela était au moins inutile.

(i) Baudelaire avait donné au Monde littéraire, dont H. Babou était directeur, deux études : Philosophie de l’ameublement (Le Monde littéraire, 27 mars i853) et la Morale du joujou (n° 3, avril i853).

Le Charles Baudelaire, Lettres, ne nous fournit pas la contre-partie de ce billet ; en revanche, il témoigne, — v. passim, — que le poète et le critique n’avaient pas tardé à se réconcilier. — V. encore, p. l\ 92-23, nos notes sous un billet de Sainte-Beuve.