Page:Crépet - Charles Baudelaire 1906.djvu/399

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LETTRE DE AI. IIOSTEIN i)

Paris, le il novembre i854. « Monsieur,

» Je vous remercie de la confiance que vous avez en moi.

» Je vous remercie également d’avoir pensé à mon théâtre pour lui offrir ce que vous considérez, et ce qui est en effet, sous beaucoup de rapports, une bonne fortune littéraire (2).

» Mais permettez-moi de vous exposer en peu de mots ce qui m’empêche de donner suite à cette offre bienveillante.

» D’abord je ne partage pas complètement votre enthousiasme pour cette œuvre de Diderot.

» Yauriez-vous pas été séduit par le paradoxe plus que par la réalité des situations et des caractères ?

» Certes, il y a une notable dépense de fantaisie, d’entrain, d’humour, dans cette pièce si mal intitulée : Est-il bon ? etc.

» Mais est-ce là une pièce de théâtre ? Je n’entends pas seulement parler du théâtre de la Gaîté, mais du théâtre en général.

» Peu ou point d’intérêt, des caractères plutôt exprimés que finis, des situations où l’intrigue — et quelle intrigue ! — supplée à la passion et à la combinaison. Voilà pour le fonds.

(1) Publiée par le Charles Baudelaire, SouvenirsCorrespondances .

(2) V. le billet de Baudelaire du 8 novembre i85/j, auquel cette lettre répond.