Page:Crépet - Charles Baudelaire 1906.djvu/406

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LETTRE DE MADAME VICTOR HUGO

u Comment ètes-vous ? cher Monsieur. Je vous envoie ce mot pour rassurer votre inquiétude, non que je vous crois sérieusement malade, mais c’est déjà trop que de ne pas avoir sa santé complète. Qu’au moins vos ennuis soient adoucis par la conviction que vous avez en nous des amis d’un dévouement absolu.

» Votre couvert est toujours mis ici, ne laissez donc pas votre place vide.

ci, Baudelaire laisse pleinement éclater l’antipathie qu’il nourrissait contre les idées philanthropiques d’Hugo et contre le caractère du romancier des Misérables. Les ennemis de notre poète, qui ne sont pas moins passionnés que ses amis, ne manqueront certainement pas cette occasion de le taxer d’hypocrisie, et feront ressortir de quelle monnaie il paya les services rendus… Ce faisant, ils négligeraient singulièrement un document d’un intérêt capital : La lettre au directeur du Figaro à propos de l’anniversaire de Shakespeare. (i4 avril i864-)

On sait ce que fut le banquet organisé à cette occasion : une manifestation politique masquée sous un prétexte littéraire, et aussi le premier acte d’une comédie destinée à lancer le dernier livre d’Hugo… Baudelaire, seul, eut le courage de protester. Et, dans sa lettre ouverte, — dont il ne demandait pas que la signature fût retranchée, — il qualifiait Hugo : « Ce poète (en qui Dieu, par un esprit de mystification impénétrable, a amalgamé la sottise avec le génie).., » il annonçait du Shakespeare : « Ce livre… comme tous ses livres pleins de beautés et de bêtises, va peut-être encore désoler ses plus sincères admirateurs… »

11 n’a guère dit autre chose dans ses Lettres. D’ailleurs, c’est un trait de caractère que nous retrouvons souvent