Page:Crépet - Charles Baudelaire 1906.djvu/467

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de Wagner, et je n’ai pour Tannhauser que le penchant de tout homme de cœur pour toute œuvre brutalement proscrite ; votre brochure ajoute des raisons à mon instinct et m’emplit d’avance les mains de bravos. Mais il y en a pas mal pour vous. — Merci encore.

» Votre ami. » Auguste Yacquerie. »

lettre d* alfred de vigny (2)

Lundi, 27 janvier 1862,

« Depuis le 3o décembre, Monsieur, j’ai été très souffrant et presque toujours au lit. Là je vous ai lu et relu, et j’ai besoin de vous dire combien de ces Fleurs du mal sont pour moi des Fleurs du bien et me charment ; combien aussi je vous trouve injuste envers ce bouquet, souvent si délicieusement parfumé de printanières odeurs, pour lui avoir donné ce titre indigne de lui, et combien je vous en veux de l’air empoisonné quelquefois par je ne sais quelles émanations du cimetière de Hamlet.

7 mars suivant. C’est cette interruption forcée qu’explique sans doute ce billet du directeur à son collaborateur.

(1) L’éloge que Baudelaire donne, — dans la lettre (V. Lettres, i85i), à laquelle celle-ci répond, — aux Funérailles de l’honneur, drame d’AuGUSTE Yacquerie joué à la Porte Saint-Martin en 1861, pour la représentation duquel Paul Meurice lui avait envoyé des places.

(2) Publiée par le Charles Baudelaire, Souvenirs, Correspondances. Sur les relations de Baudelaire et de Vigny. V. l’ouvrage de M. Charavay, op. cit., v. aussi Lettres, années 1860-62, passim.