Page:Crépet - Charles Baudelaire 1906.djvu/89

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ses plus tristes expériences la matière de quelques-unes de ses plus belles œuvres (i).

(1) On trouve çà et là, dans les œuvres de Baudelaire, des noms de femmes ou des désignations de personnages féminins.

Sur plusieurs, nous n’avons aucune indication : telles J. G. F., à qui pourtant sont dédiés les Paradis Artificiels et YHeautontimorouménos, — Marguerite, Agathe, la belle aux cheveux d’or, la Géante, etc.

Par contre, nous savons que Sisina (Fleurs du mal. LX), était une amie de M me Sabatier (V. ch. vin), et s’appelait de son nom M me Niéri (lettre du 2 mai i858), et que la mendiante rousse (GXII), — nous l’avons dit déjà, — avait fourni l’occasion d’un portrait à Deroy et d’une ode à Banville. Quant à la Berthe à qui est dédiée la pièce XGVI des Fleurs (Les yeux de Berthe), faut-il y voir celle dont M. Féli Gautier a publié le portrait dessiné par le poète, avec cet envoi de sa main î « À une horrible petite fille, souvenir d’un grand fou qui cherchait une fille à adopter, et qui n’avait étudié ni le caractère de Berthe, ni la loi sur l’adoption ? » Nous n’oserions conclure à l’afiirmative absolue, car c’est vers la fin de sa vie, croyons— nous, que le poète rencontra la Berthe du portrait, tandis que c’est à l’année i8/j3 que M. Prarond rapporte Les yeux de mon enfant, titre primitif de la pièce XGVI. Reste cette hypothèse cependant : Baudelaire aurait dédié à Berthe des vers écrits depuis vingt ans. Elle trouve peut-être quelque vraisemblance dans le fait que cette pièce, si justement célèbre, parut pour la première fois en 1864 (Revue Nouvelle, I er mars).