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130 CHAPITRE III. — POÉSIE ÉLÉGIAQUE

déjà dans l'épopée; ollos se retrouveront chez Pindare et chez Hérodote; Solon en est pénétré; il les exprime avec force et avec grâce, selon son usage.

Ceux des poèmes de Solon qu'on peut appeler par excel- lence des poèmes moraux nous sont connus par d'assez nombreux fragments, et surtout par un morceau de soixante- seize vers qui formait probablement une élégie complète : il nous a été conservé par Stobée K

Le poème commence par une invocation aux Muses. Solon leur demande le bonheur, la gloire et la richesse, mais accompagnés de la justice. Sinon, la calamité fa- tale, la misère envoyée par les dieux (aTYi) ne tarde pas à survenir :

Elle commence petitement, comme le feu ; d'abord ce n'est rien ; à la un c'est un grand mal. Les œuvres de la violence ne sauraient durer. Zeu^ voit le terme de toutes choses. Comme la brise priutanière, tout d'un coup, dii^sipe les nuages, et> aprôs avoir ébranlé les flots de la mer inféconde, ravageant les riches campagnes de la terre nourricière, remonte soudain vers la haute demeure des dieux, vers le ciel escarpé, et rend aux regards de l'homme la splendeur éthérée: — alors la force du soleil répand sur la terre grasse ses beaux rayons éclatants, et toutes les nuées ont disparu; — ainsi se mani- feste la vengeance de Zeus *...

Elle n*a pas les vaines impatiences de l'homme éphé- mère : si elle n'atteint pas le coupable en personne, elle le frappe dans ses enfants; mais toujours elle arrive ,(r<Xu6e wàvTcû; auOiç ^). — Le poète trace alors un large tableau des multiples occupations par où l'humanité cher- che à atteindre la richesse ^.

1. Fragm. 13 (Stobée, Floril. IX, 25). Celte élégie faisait partie des

  • Y7co6f,xai el; èauTov.

2. Vers 14-25.

3. Vers 31.

4. Vers 3362.

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