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138 CHAPITRE III. — POÉSIE ÉLÊGIAQUE

tirée par plusieurs savants S que les trois morceaux sont d'Événos et non deThéognis. Mais quelÉvénos?Eratos- thène distinguait, paraît-il-, deux Événos de Paros, tous deux poètes élégiaques, Tun plus ancien, dont il ne se- rait rien resté, et l'autre plus récent, le seul dont les vers se fussent conservés. Celui-ci, souvent mentionné par Platon, vivait à la fin du v® siècle. Les vers àSimonîde, selon Bergk, seraient du premier Événos. Par malheur, ce premier Événos, dont il ne restait rien au temps d*E- ratosthène, et que ni Platon ni Âristote n'ont jamais pris soin de distinguer de son homonyme, est un personnage dont Texistence même est plus que douteuse : on sait avec quelle facilité les cbronographes alexandrins dé- doublaient les personnages historiques pour concilier tant bien que mal des traditions contradictoires. Il faut donc revenir au seul Événos dont Texistence soit cer- taine, à celui dont parle Platon. Mais il est bien étonnant, selon la remarque de Bergk lui-même, que l'arrangeur à qui nous devons le recueil de Théognis, et qui ne cite rien des autres élégiaques du v* siècle, ait fait une si notable exception pour Événos. Ajoutons, ce que Bergk n'avait garde de dire, que le second de ces trois mor- ceaux ressemble étrangement, par le fond et par la forme, à du Théognis. Il n*y a qu'une manière, fort simple, d'échapper à ces difficultés : c'est de croire qu'Événos avait emprunté lui-même à Théognis cette sorte de vers proverbe (sauf la très légère modification peut-être qu'on trouve dans Aristote), qu'il l'avait remis en circulation, qu'Aristote l'a cité d'après Evénos sans se rappeler où celui-ci l'avait pris, et que les trois morceaux adressés àSimonide sont réellement de Théognis. Inutile d'ailleurs de se demander quel peut être ce Simonide : nous n'en savons absolument rien.

1. Ilartung, Bergk, Lcutsch.

2. Cf. Harpoc ration, v. Eur.vo;.

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