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LES LOGOGRAPHES 536

conseils furent entendus. Mais, au moment même où ils étaient le plus en faveur, Démocrite, d'une part, repre- nait la doctrine de Leucippc, et Socrate de Tautre, rame- nant Tutile au vrai par une dialectique subtile, fondait la science de la morale et, sur cette science, toute une phi- losophie. La marche de la pensée, un instant suspendue, était reprise. Nous n'avons à étudier pour le moment ni les sophistes, ni Démocrite, ni Socrate. Nous nous en tenons à la première période, qui vient de Cnir. La prose philosophique est née ; elle s'est peu à peu formée et assouplie. Elle a été (avec la poésie des Éléates) un ins- trument d'éducation pour Tesprit. Ce qui lui manque en- core, c'est ce degré supérieur de maturité, de souplesse vigoureuse et élégante, cette beauté parfaite enRn qu'elle ne trouvera que dans Athènes, à la fin du v® siècle.

��III

��Les premiers historiens grecs sont ordinairement appelés logographcs. C'est le nom par lequel les désigne Thucydide *. Les noms A'histoire et A'historien parais- sent n'être entrés dans l'usage qu'avec Hérodote. La différence des noms correspond ici à une différence dans les choses et elle en est même la traduction assez exacte.

Le logographe* est, étymologiquement, celui qui écrit un discours en prose, Wyo;, par opposition au poète qui

1. Thucydide. I, 21, i. Hérodote {II, 143; V, 36; 125) appelle son prédécesseur Hccalée Xo-foicoio;, ce qui revient.au même que Xo^o- Ypaço;, et s'oppose plus directement à iiroiioi«^c>

2. A côtô de ce nom de logographe^ on employait aussi, plus rare- ment, celui d'horographe^ bientôt tombé en désuétude et devenu obs- cur. 'UpoYpaço; vient de Jipo^ (même racine que* rV) pot), qui signifie « année », pui^î, au pluriel, « annales ». Plutarque (Questions de ta- ble, V, 4, 1) dit : Toù; èviayxoù; àp-/atb>; ô)pouç XtYev^^t. (Jlf. G. Mûller, Fragm, hislor. grœcor., t. I, p. xviii.

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