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536 CHAPITRE IX. — PHILOSOPHIE ET HISTOIRE

appelle lui-même sa propre langue eico; ou (tOOo;, et non Xd]fo;;Piadare oppose à plusieurs reprises ^ les Xo^ioi aux âotSo(, les logographes aux chanteurs ; Xoyio; est synonyme ici de Xoyoypàfo;. Le nom du logographe ne constate que sa qualité de prosateur. Le nom de l'historien dit beaucoup plus : IdTopîa signifie primitivement recherche, enquête ; Thistorien, loropixo;, est donc, suivant Tctymologie, un homme qui s'informe par lui-même de la vérité, qui voyage, qui interroge, qui ne se borne pas à transcrire des matériaux à sa portée, mais qui poursuit une véritable enquête sur des faits obscurs ou éloignés. Celte différence de noms est instructive. L'art des logographes, en effet, se distingue de celui des poètes beaucoup plus par la forme du récit, qui est la prose, que par l'esprit scienti- fique (sinon dans la mesure où le choix seul de la prose est scientifique). Strabon, qui pouvait lire encore la plu- part de ces vieux récits, nous apprend que c'étaient presque des épopées en prose : ils gardaient la plupart des caractères de la poésie, au mètre près ; du reste, même absence de critique, même goùl des légendes que chez les poètes -. On sait que Thucydide était du même avis '. Denys d'Halicarnassc, dans son Jugement sur Thucydide *, parle aussi des logographes, et nous donne à leur sujet quelques informations assez précises. Si l'on ajoute à ces jugements des anciens les impressions que suggère l'étude directe des fragments des logographes, on peut arriver à se faire une idée assez nette de leur art.

Les sujets qu'ils traitent sont empruntés au passé le plus lointain : ce sont des fondations de villes (xTiercK;),

t. Pindare, Ném., VI, 51 ; Vyth,, I. 183.

2. Strabon, I, p. 18 : Xûdavteç to iiétpov, tiXXa 6à çvXdtÇavTe; xot itoit,- Tixàt ffuvéypa-J/av ol îcep\ Ka8|jL0v xal ^epexy^T) xai *ExaTaïov,

3. Thucydide, I, 20-22.

4. Ch. 5 et 23. Ces deux passages sODt fort importants pour la con- naissance des logographes.

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