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93 CHAPITRE III. — CONCOURS TRAGIQUES

réponse (à^oxpiTiç), etc *. Cela conflrme ce qui a été dit plus haut sur le caractère général de cet art. Les acteurs de la première moitié du v^ siècle produisirent de grands effets avec des moyens très simples. Leur jeu ainsi que leur diction étaient graves et traditionnels ; leur per- sonnalité n'y apparaissait encore que discrètement. Dans la seconde moitié du même siècle, un changement nota- ble eut lieu. On ne saurait mieux l'expliquer qu'en le comparant à celui qui se produisit à la tribune dans les habitudes des orateurs. Périclès y était sévèrement drapé, presque immobile ; Cléon donna l'exemple de rejeter son manteau, d'agiter les bras, d'élever et d'abaisser la voix; les orateurs du siècle suivant firent de l'action une des principales parties de l'éloquence. De même, sur Ja scène, il vint un jour où les nouveaux acteurs scandalisèrent les anciens. Mynniscos de Chalcis, qui avait joué sous la direction d'Eschyle et qui était plein de son esprit, traitait de singe son successeur Callippide, qui pourtant faisait pleurer le peuple au temps d'Alcibiade^. Cela voulait dire simplement qu'un art plus expressif recherchait alors une imitation plus exacte de la vie par des intonations, des changements de voix, des gestes passionnés que l'art primitif avait ignorés. L'ancienne uniformité pa- raissait monotone et raide. On recourait aux notes aiguës, aux cris, aux inflexions pathétiques ^ On s'attachait à caractériser chaque rôle par le son de la voix, par la dé- marche, alors même qu'un seul acteur faisait successi- vement plusieurs personnages *. Un des écueîls de cet

1. Aristote, Poétique, c. 19. Cf. c. 20.

2. Aristote, Poétique, c. 25.

3. Alciphron, III, 48, 1. Licymnios, dit-il. Ta emporté sur ses ri- vaux, dans les Trpo'iro(ji.Tro( d'Eschyle, Topû tivI xal YeTw^û tw (ça)viQ(ji.aTi

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4. Pliitarque, Démétrius, 18 : KaOaicsp Tpa^ixtov OiroxpiTûv ajxa tï) (jxsuyj {le-caêaXXévTwv xal ^à6i(j(j.a xal çwvyjv xa\ xaiaxXtdtv xal Tcpodayô-

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