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ROLE DU CHŒUR 133

Le choix de ceux qui le composent n*est assujetti à aucune règle fixe ; et, à ce point de vue, plusieurs types de chœurs peuvent être distingués. Laissons de côté, comme exceptionnels, ceux qui tiennent dans la tragédie la place de véritables acteurs, les Erirmyes dans les Eu- ménides d'Eschyle, les filles de Danaos dans ses Sup- pliantes. En dehors de ce cas, le principe général le plus apparent, c'est que le chœur doit être, pour ainsi dire, le cortège naturel d'un des acteurs. C'est ainsi que la reine Atossa se montre entourée de ses Fidèles, Electre, dans les ChoéphoreSy suivie de ses compagnes, Ajax, chez Sophocle, au milieu de ses compatriotes et de ses soldats. Cette relation est celle qui détermine le plus sou- vent la condition sociale, l'âge, le sexe des personnes du chœur. Il est ordinaire qu'entre les acteurs, ce soit le protagoniste qui ait le privilège de faire ainsi le chœur à son image. Mais il s'en faut de beaucoup que ce privi- lège nejs'impose. Dans les CAoe/?Aor^5 d'Eschyle, Electre n'a que le second rôle, et pourtant le chœur est formé de ses compagnes; de même, dans le Phiioctète de Sophocle, c'est autour de Néoptolème que se groupe le chœur. L'An- tigone du même poète nous montre le rôle choral attribué à des vieillards qui forment comme la suite de Créon, c'est-à-dire du tritagoniste. En réalité, ce qui détermine le choix du poète, c'est un ensemble de raisons drama- tiques assez complexes. Il doit tenir compte de la vrai- semblance et par conséquent constituer un chœur qui ait un motif ou du moins un prétexte plausible de se mêler à l'action. Il doit en outre le composer de telle manière que sa présence facilite ou du moins ne gêne pas l'expression des sentiments des principaux per- sonnages. Il doit enfin, s'il est possible, viser en le choisissant à certains effets dramatiques. Cette dernière préoccupation est sensible chez tous les grands tragiques d'Athènes, mais surtout chez Eschyle et Sophocle. Ils

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