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SES TÉTRALOGIES 179

une entière certitude, dans toute l'œuvre d'Eschyle, que trois tétralogies liées : celle de Thèbes, dont faisait partie la pièce des Sept ; la Lycurgie, complètement perdue; enfin VOrestie qui subsiste, privée de son drame satyri- que. De plus nous pouvons sans scrupule en affirmer deux autres, dont les Suppliantes d*une part, le Promé- thée enchaîné &Q l'autre, sont des débris subsistants. En revanche, les Perses^ comme nous l'avons vu, n'ont pu appartenir qu'à un groupe artificiellement formé de pièces indépendantes. Nous admettrons donc que les deux genres de tétralogie ont été employés par Eschyle. Ce fait se rattache à ceux qui ont été exposés précédemment. Quand Eschyle débuta au théâtre, la tétralogie liée naissait spontanément des accroissements do la tragédie primi- tive. II est probable, qu'avec l'autorité de son génie, il fit beaucoup pour l'organiser. Mais, presque en même temps, la tétralogie libre apparaissait aussi, comme un se- cond degré du sectionnement que la tétralogie liée avait mis en lumière. Des pièces telles que la Prise de Milet ou les Phéniciennes de Phrynichos semblent prouver qu'Eschyle n'a pas été le premier à en faire usage. Il est probable qu'il s'en est servi, lui aussi, chaque fois qu'il y a trouvé quelque avantage. Néanmoins, pour des raisons qui ressortiront bientôt de l'étude même de son génie, l'ampleur de la tétralogie liée devait lui convenir mieux qu'à personne, parce qu'il était plus en état que personne de la remplir sans effort et d'en réunir les par- ties par un lien puissant. C'est pourquoi nous sommes portés à croire que, libre de tout respect superstitieux pour la forme liée, il l'a cependant préférée, et qu'il a été à la fois le premier et le dernier à en faire un véri- table organisme dramatique.

contradictoires contenues dans les Kleine Schriflen de Welcker et dans les Opuscules de G. Hermann, ainsi que les Prolégomènes d'Ahrens dans l'Eschyle de Didot.

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