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206 CIIAPITIXE V. — ESCIIYIJE

Mais comme il agrandissait en unême temps le dialogue, et d’une manière bienplus sensible encore, la |proportion se trouva changée. Il sembla «les lors qu’il avait diminué l’un des éléments de la tragédie, tout simplement parce qu’il avait eu moinsà faire pour ladapteratnx proportions de son génie.

Sans cette étendue «les développements, le lyrisme d’Eschyle eûtôté gêné. Il avait besoin despace pour déployer tout ce que contenait chacune de ses conceptions, il en avait besoin pour la variété de ses rythmes, pour l’abondance des images qui lui venaient à l’esprit, pour l’expansion complète de ses idées.

Héritier direct des ntaitres du lyrisme grec, Eschyle se plaît à faire wraloit- comme eux dans de larges compositions musicales sa science et son instinct profond des rythmes. Nullo- comparaison à cet égard entre lui et ses successeurs. Chez lui, le chant a encore tout son élan et toute sa liberté. Une certainenniformité prolongée ne. Pelfraye pas, quand elle est justifiée par lu sujet. Il en tire nnême d’admirables ellets. Nul ne sait comme lui soutenir un rythme fondamental à travers une longue série de strophes, en le variant légèrement. Il a par exemple des chants dactyliques de toute beauté. Dans les Pers-es, quand Darius vient de rentrer pour jamais dans son tombeau, ses Fidèles chantent la gloire qu’ila donnévjatlisà l’Asie. Leur chant a quelque chose Œépique ; et voilà pourquoi il se déroule avec une sorte de monotonie antique comme un récit (l’épopée, mais comme un récit découpé en strophes, qui tour à lour sélancc-nt en énumérations superbes et retombent, appesanties par la «louleur, sur les mêmes notes graves :

a 0 dieux, qu’elle était grande et bonne. notre vie d’ordre fois dans la paix des cités, — au temps ou notre vieux roi, le très puissant et très bon, rinvineihle souverain, — Darius égal aux dieux régnait sur nous !

—. î