Page:Croiset - Histoire de la littérature grecque, t3.djvu/219

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LE POÈTE LYRIQUE -307

» Avant tout, la gloire brillait sur nos armes, et nos lois, so- lides forteresses, — tenaient tout sous leur empire; et les re- tours, — ramenant de la guerre nos soldats sans fatigue et sans blessures, — les faisaient rentrer triomphants au foyer.

» Combien de villes il a prises, sans franchir les eaux cou- rantes de l'Halys, — sans quitter son foyer royal, — cités la- custres des étangs du Strymon, — non loin des villes de Thrace,

» Et, hors de ces étangs, combien d'autres sur la terre ferme, dans leurs enceintes de tours, — obéissaient à notre roi, — soit aux bords du large passage d'Hellé, soit dans les golfes delà Propontis, — soit aux bouches du Pont,

» Et, en face de nos promontoires escarpés, ces îles que bat- tent les flots, — assises près de nos rivages, — Lesbos, puis Samos, avec ses champs d'oliviers, et Ghios, — Paros, et Na- xos, et Myconos, — et, tout près de Ténos, terre contre terre, Andros, qui s'attache à elle.

» Puis, dans la mer encore, il avait dompté sur leurs pro- pres rivages — Lemnos, et le sol d'Icare, — Rhodes et Gnide et les villes de Gypre, Paphos, — et Soli, et Salamis, — dont aujourd'hui la métropole est la cause de nos gémissements.

» Et ces riches cités du domaine Ionien, ces villes populeu- ses des Hellènes, il les avait assujetties — par ses seuls con- seils; car, sous sa main, se tenait, infatigable, la force de ses houimes d'armes, — et, avec eux, mélange bruyant de nations, la foule des auxiliaires. — Mais, à présent, voici que se révèle la volonté des dieux — dans l'écroulement qu'il faut subir, dans la défaite qui nous dompte, — cruellement frappés au milieu des mers i. »

Il y a peut-être plus d'uniformité encore, et par con- séquent un parti pris plus apparent, dans certains chants ioniques. Quand les vieillards, au début de cette même tragédie des Perses^ rappellent le départ de Tarmée qui a suivi Xerxès, c'est précisément sur ce rythme à demi oriental. Un témoignage ancien nous apprend que, bien

1. Perses, 854. J'ai suivi la stichométrie du Mediceus. Défectueuse peut-être çà et là, elle a du moins pour elle de faire bien sentir cer- tains effets de coupes métriques, qui sont tout à fait en rapport avec la pensée. . • •

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