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SA VIE ET SON CARACTÈRE 229

ne monlraît ni plus d'aptitude, ni plus d'activité que tout autre : c'était un des bons citoyens d'Athènes, et rien déplus * ». Pourtant, il ne se dérobait pas non plus à la confiance populaire. Il fut deux fois stratège, et il paraît avoir exercé aussi les fonctions d'hellénotame^ On peut conclure de là que son intelligence vive et facile s'appli- quait, quand il le fallait, à la guerre et aux finances, avec cette souplesse qui était d'ailleurs un des traits distinctifs do l'Athénien.

Ces détails n'ont d'intérêt pour nous qu'autant qu'ils nous font mieux connaître le caractère de Sophocle. Il en est de même de ceux qui concernent sa vie privée. On van- tait la facilité de son humeur. Heureux de ses propres suc- cès, il n'était point jaloux de ceux des autres ^ L'habitude de réfléchir et de composer ne l'avait rendu ni rêveur ni morose. Une belle statue du musée de Latran nous le fait voir dans la force de l'âge, l'air grave et doux, suivant sa pensée sans effort, le regard profond, mais non dis- trait. Il avait des mœurs avenantes et sociables. Nulle- ment ennemi des plaisirs tempérés, il savait se montrer enjoué dans un banquet et plaisanter avec grâce au mi- lieu d'un cercle d'amis. Sa conversation était alors pleine de cette ironie altique qui est si charmante dans les dia- logues de Platon^. Sincèrement touché du spectacle de la

1. loa dans Athénée, XIII, p. 603, E : Ta jisvtoc TroXtxcxà ovîte (joçbç O'jTî p£XTr,pioç Y)V, à)X o); àv Tt; et; twv ^pr,(jTtov *A6r,va(a)V.

2. Il fut stratège en 340 pendant l'expédition de Samos (Ibid. et Vie; d'après l'argument ù.\A7itigone, cet honneur lui aurait été conféré en raison de l'impression produite par cette pièce) ; il le fut encore en même temps que Nicias (Plutarque, Nicias, c. 15). — Pour les fonctions d'hellénotame. voir Dindorf, Vie de Sophocle. —La Vie ano- nyme nous apprend aussi qu'il dut à la considération dont il jouis- sait d'être investi du sacerdoce du héros médecin Alcon (Cf. J. Mar- tha. Sacerdoces athéniens, p. 149 et 1G9).

3. Aristoph. Grenouilles, 88 : *0 6' euxoXoç jasv èvOâS', euxoXoç 8' èxet. Cf. Ibid. 788 et suiv. Vie : ToO riôouç xoaa'jTT) i^oye x^P"î '^^'^^ TtôtvTT) Y.(x\ irpb; àîrâvitov aiJTbv (jTépYeaôai.

4. Voyez le récit d'Ion cité plus haut. — Quelques fragments de ses

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